«Kaamelott: premier volet», pour les répliques

Derrière et devant la caméra dans le rôle du récalcitrant roi de Bretagne Arthur Pendragon, Alexandre Astier redonne vie à sa vision médiévale cousine du «Monty Python and the Holy Grail» (1975) ainsi qu’à sa ribambelle de personnages tous plus idiots les uns que les autres dans ce film qui, en plus de vouloir nous faire rire (ce qu’il réussit souvent), a la prétention de devenir une saga fantastique en trois chapitres.
Photo: MK2 Mile End Derrière et devant la caméra dans le rôle du récalcitrant roi de Bretagne Arthur Pendragon, Alexandre Astier redonne vie à sa vision médiévale cousine du «Monty Python and the Holy Grail» (1975) ainsi qu’à sa ribambelle de personnages tous plus idiots les uns que les autres dans ce film qui, en plus de vouloir nous faire rire (ce qu’il réussit souvent), a la prétention de devenir une saga fantastique en trois chapitres.

La suite cinématographique de la série française Kaamelott, créée par Alexandre Astier, apparaît simultanément sur les écrans québécois et français, une douzaine d’années après avoir marqué le paysage télévisuel français à coups de dialogues anachroniques, de répliques mémorables et de gags débiles assumés. Derrière et devant la caméra dans le rôle du récalcitrant roi de Bretagne Arthur Pendragon, Astier redonne vie à sa vision médiévale cousine du Monty Python and the Holy Grail (1975) ainsi qu’à sa ribambelle de personnages tous plus idiots les uns que les autres dans ce film qui, en plus de vouloir nous faire rire (ce qu’il réussit souvent), a la prétention de devenir une saga fantastique en trois chapitres.

Mise en contexte pour les lecteurs n’ayant pas suivi la saga Kaamelott, diffusée en France à la chaîne M6 de 2005 à 2009, et relayée ici à Historia : comme son titre le suggère, il s’agit d’une parodie de la légende du roi Arthur, de ses preux chevaliers de la Table ronde et des personnages qui peuplent le récit moyenâgeux, Merlin, Perceval, Lancelot du Lac et dame Guenièvre, pour ne nommer qu’eux. Le public a élevé Kaamelott au rang de série culte, notamment en raison de l’effet comique de ses dialogues écrits en langage contemporain, ce qui garantit pratiquement un succès au box-office : en France, plus de 200 000 billets ont été vendus en prévision de la sortie du film !

D’abord présentée sous forme d’émission à sketchs, la version télévisuelle de Kaamelott fut dotée d’une véritable histoire à partir de la troisième saison ; à la fin de la cinquième et dernière saison, Arthur, un chevalier aux idées suicidaires, taciturne et désabusé, abandonnait sa quête du Graal — déjà plombée par l’incompétence crasse de ses alliés — ainsi que son royaume, cédé au perfide Lancelot, pour retourner à Rome. Le film reprend le récit dix ans après le départ d’Arthur, mais le réalisateur prend soin de bien discerner quelques éléments de son univers au bénéfice des spectateurs n’ayant pas suivi le phénomène télévisuel.

Ainsi, une fois quelques personnages présentés — dont celui de Horsa joué par le musicien Sting, un mercenaire chargé par Lancelot du Lac de capturer les chevaliers de la Table ronde —, on part vite à la recherche d’Arthur, vendu comme esclave il y a plusieurs années. Ces premières scènes mettent en vedette l’improbable chasseur de primes Alzagar traquant Arthur, joué par l’hilarant Guillaume Gallienne, dont la présence à l’écran nous manquera dans la seconde moitié du film.

Comédiens efficaces

Les rebondissements de cette histoire, marquée par la (dés)organisation de la « résistance » contre Lancelot (Thomas Cousseau) pilotée par la paire formée de Perceval et Karadoc (Franc Pitiot et Jean-Christophe Hembert, les Laurel et Hardy de l’histoire), personnages chéris des fans, les invasions inoffensives tentées par les burlesques soldats du tout aussi farfelu roi des Burgondes (Guillaume Briat) et une mission pour faire libérer Guenièvre (Anne Girouard), ne servent finalement que prétexte pour susciter la conversation entre ces grossiers personnages.

Hormis les très sérieux Arthur et Lancelot, tous les autres sont si idiots que les dialogues pourraient se résumer en un impressionnant catalogue d’insultes et de répliques cassantes qui, la plupart du temps, déclenchent des fous rires. Ces dialogues colorés et imagés sont la substantifique moelle de Kaamelott, une évidence compte tenu de la faiblesse de plusieurs mises en situation et de l’insertion de quelques scènes futiles rappelant l’enfilade de sketchs des premières saisons télévisuelles.

Si la première raison d’aller voir le film tient dans les truculents dialogues, la seconde est de renouer avec ces efficaces comédiens que sont Christian Clavier (hystérique comme d’habitude sous le bonnet du Jurisconsulte), Alain Chabat (en débonnaire duc d’Aquitaine, allié d’Arthur et plus futé que les chevaliers) et Audrey Fleurot, qui fut justement révélée dans le rôle (trop peu à l’écran dans ce film) de la Dame du Lac.

Néanmoins, les blagues s’essoufflent en cours de route alors que, durant le dernier quart du film, le réalisateur, scénariste et compositeur de la musique du film Alexandre Astier tente d’installer un récit plus robuste, quelque part plus sérieux aussi, histoire de justifier les suites. À l’image de ses nombreux personnages, Kaamelottest un film bête à souhait, verbeux et généralement rigolo, qui plaira d’abord aux fans de la série culte.

Kaamelott: premier volet

★★ 1/2

Comédie d’Alexandre Astier. Avec Alexandre Astier, Christian Clavier, Alain Chabat, Audrey Fleurot et Sting. France, 2021, 120 minutes. En salle.



À voir en vidéo