«Mortal Kombat»: mortel ennui

Hiroyuki Sanada dans le rôle de Scorpion
Photo: Warner Bros. Picture Hiroyuki Sanada dans le rôle de Scorpion

C’est l’histoire d’un jeune élu inexpérimenté, mais doté à son insu d’un pouvoir immense. En cours d’aventure, ce héros qui s’ignore rencontrera des alliés qui l’aideront à s’épanouir. C’est un récit d’apprentissage et de solidarité. Il y a une figure de sage du côté des bons et une de despote du côté des méchants. Ce pourrait être le résumé de quantité de films, de Star Wars à Dune, mais c’est en l’occurrence celui de Mortal Kombat (V.O. et V.F.), plus récente adaptation du jeu vidéo du même nom. Qu’est-ce qu’on aurait aimé qu’il se fût agi d’un des deux autres films…

Mortal Kombat conte comment Cole Young (Lewis Tan), qui gagne sa vie comme pugiliste dans des combats au rabais d’arts martiaux mixtes, apprend qu’il fait partie d’une lignée de champions sélectionnés pour une joute opposant des mondes parallèles — y compris le monde terrestre sur lequel veille lord Raiden (Tadanobu Asano, dont le personnage paraît sorti de Big Trouble in Little China). Or, le vil Shang Tsung (Chin Han) entend asservir la Terre avant même la tenue de l’affrontement officiel.

En cela, le titre est trompeur puisque le film n’est en réalité qu’un long prélude audit « kombat », qui n’a jamais lieu (ou qu’on réserve pour une inévitable suite).

On ne passera pas par quatre chemins : Mortal Kombat est un ratage quasi complet malgré un copieux budget : tout près de 100 millions de dollars américains. De l’argent qui est « à l’écran », comme on dit en ces cas-là. De fait, le générique étant dépourvu de grosses vedettes commandant des salaires faramineux, direction artistique et effets spéciaux ont à l’évidence eu droit à la grosse part du gâteau. Ces deux aspects de la production sont de bonne tenue.

N’importe quoi

Premier long métrage de Simon McQuoid, Mortal Kombat est en revanche réalisé un peu n’importe comment, les plans s’enchaînant avec un manque flagrant de fluidité. Le montage bicéphale de Dan Lebental et Scott Gray n’aide pas : on a souvent l’impression d’avoir sauté un chapitre en passant d’une séquence à l’autre.

Et c’est bavard ! Entre les scènes de combat pas spécialement mémorables malgré leur dimension sanguinolente, on est tenté de roupiller tellement le bla-bla endort. Il faut entendre les personnages, surtout Sonya Blade (Jessica McNamee) et Liu Kang (Ludi Lin), expliquer, et expliquer encore, la nature des différents univers, leurs paramètres, leurs règles, etc.

La manière apparaît d’autant plus laborieuse que l’interprétation est tour à tour figée ou déclamatoire, voire les deux. Lewis Tan et Jessica McNamee, dans les rôles principaux, jouent particulièrement faux. Même les plus ardents amateurs du jeu vidéo risquent d’être mis K.-O. avant la fin.

Mortal Kombat (V.O. et V.F.)

★ 1/2

Fantaisie de Simon McQuoid. Avec Lewis Tan, Jessica McNamee, Tadanobu Asano, Chin Han. États-Unis–Australie, 94 minutes. Dès le 24 avril en salle et en VSD sur la plupart des plateformes, dont AppleTV/iTunes, Bell, Cineplex, Cogeco, GooglePlay, Microsoft, Rogers, Vidéotron, YouTube.