Des films et des gens au FCIAT

Nouveau film attendu de Benoît Pilon, la chronique «Le club Vinland», sur un groupe de séminaristes et leur éducateur avant-gardiste à la fin des années 1940, ouvrira les festivités du FCIAT.
Photo: Les Films Opale Nouveau film attendu de Benoît Pilon, la chronique «Le club Vinland», sur un groupe de séminaristes et leur éducateur avant-gardiste à la fin des années 1940, ouvrira les festivités du FCIAT.

Depuis le début de la pandémie, les festivals de cinéma de par le monde se sont tournés, pour la majorité, vers le virtuel. Ici, on n’y a pas échappé, de Fantasia au prochain Cinemania, en passant par le Festival de cinéma de la ville de Québec et le récent Festival du nouveau cinéma. C’est dire combien le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue fait figure d’exception. La région étant classée « jaune » par la Santé publique, l’événement pourra en effet démarrer samedi devant un public certes restreint, mais bien présent.

Nouveau film attendu de Benoît Pilon (Roger Toupin, épicier variété ; Ce qu’il faut pour vivre) dont la sortie a été reportée à une date indéterminée, la chronique Le club Vinland, sur un groupe de séminaristes et leur éducateur avant-gardiste à la fin des années 1940, ouvrira les festivités. Le documentaire Danser sous la pluie, de la Rouynorandienne Rachelle Roy, les bouclera le 5 novembre. Entre les deux : quantité de courts et de longs métrages triés sur le volet par une équipe qui a eu chaud. « Ça a été des montagnes russes depuis le mois de mars dernier : on s’est demandé si on devait entreprendre des démarches ou annuler », explique Émilie Villeneuve, la directrice du FCIAT.

« On a été en attente, mais quand on a vu que ça commençait à se replacer un peu, cet été, on a décidé de faire un all in audacieux en misant entièrement sur la salle. Et c’est de cette manière-là qu’on s’est engagés auprès des distributeurs, en les assurant qu’on ne souhaitait pas aller en ligne, que si le festival en présentiel devait être annulé, on ne redirigerait pas notre volet compétition vers Internet. »

De poursuivre Émilie Villeneuve, l’idée a enthousiasmé les distributeurs. « Veut, veut pas, ils préfèrent une première dans une salle plutôt qu’en ligne. En même temps, on voyait que beaucoup de sorties internationales étaient retardées, mais finalement, on a été agréablement surpris par le nombre de films qu’on a pu aller chercher en présélection. En fin de compte, on s’est retrouvés à devoir faire des choix déchirants pour la programmation finale. »

On a été en attente, mais quand on a vu que ça commençait à se replacer un peu, cet été, on a décidé de faire un "all in" audacieux en misant entièrement sur la salle. Et c’est de cette manière-là qu’on s’est engagés auprès des distributeurs, en les assurant qu’on ne souhaitait pas aller en ligne, que si le festival en présentiel devait être annulé, on ne redirigerait pas notre volet compétition vers Internet.

 

Ce qui constitue un beau problème, on l’aura compris, la pandémie n’ayant en rien affecté la qualité des films, comme le rappelle encore la directrice du FCIAT.

Exceptions notables quant au déroulement : le volet Espace court, qui réunit une importante sélection de courts métrages, et les Matinées scolaires, destinées au jeune public, seront accessibles partout par l’entremise du site de la Fabrique culturelle.

Adaptation et débrouillardise

Depuis l’annonce de la programmation complète le 20 octobre, l’équipe continue d’être confiante. Cela dit, on s’attend évidemment à une expérience différente. « Une des raisons nous ayant motivés à rester en salle coûte que coûte, c’est que le festival est d’abord et avant tout connu et aimé pour son côté humain, pour la proximité entre les artistes invités et le public. Avec le contexte actuel, ça change la donne de façon significative. Cette année, les invités ne pourront pas côtoyer le public dans le foyer : on va les voir et les entendre sur scène, lors des présentations. »

De la même manière, lesdits invités, entièrement pris en charge et chouchoutés par l’organisation comme peut en témoigner quiconque a déjà assisté au FCIAT, vivront leur séjour un peu plus en vase clos qu’à l’accoutumée. « J’avoue que personnellement, je suis devenue une experte du guide sanitaire et des différentes mesures à suivre. Je me suis tellement renseignée, j’ai tellement lu… On ne prend aucune chance, c’est clair. »

En fin d’analyse, Émilie Villeneuve estime que le cru 2020 aura été élaboré sous le signe de l’adaptation et de la débrouillardise. « On y croyait beaucoup et on y croit toujours : on a la chance d’être en zone jaune, et là on parle même de jaune pâle — comme tout le monde, j’ai juste hâte que ce soit vert. Si on fait abstraction de la pandémie et qu’on regarde la programmation, elle est aussi magnifique que les précédentes. »

En 2021, le FCIAT aura 40 ans. Et l’équipe entend bien célébrer cet anniversaire-là en salle. 

En vrac au FCIAT

La fine fleur, de Pierre Pinaud. Ou l’ultime tentative d’une « créatrice de roses » de sauver son entreprise ; avec Catherine Frot.

All is Victory, d'Ahmad Ghossein. Ou la quête d’un fils pour retrouver son père sur fond de conflit entre l’Hezbollah et Israël.

Effacer l’historique, de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Ou les aléas des réseaux sociaux ; Ours d’argent à Berlin, avec Denis Podalydès et Corinne Masiero.

Les vieux chums, de Claude Gagnon. Ou lorsqu’une amitié se ressoude en fin de vie ; avec Patrick Labbé, Paul Doucet et Hassan El Fad.

Wildland, de Jeannette Nordhal. Ou lorsqu’une adolescente comprend que la tante à qui on l’a confiée est à la tête d’un clan criminel ; avec Sidse Babett Knudsen.