«Terra Willy»: le (petit) naufragé du cosmos

Willy se retrouve naufragé sur une planète inconnue en compagnie de Buck, un robot chargé de le protéger.
MK2 Mile End Willy se retrouve naufragé sur une planète inconnue en compagnie de Buck, un robot chargé de le protéger.

Willy, 10 ans, vit en compagnie de ses parents scientifiques dans le vaisseau spatial familial. Dans cet environnement contrôlé où il y a une machine ou un appareillage quelconque pour s’acquitter de la moindre tâche, qu’il s’agisse de la toilette personnelle ou du système de navigation, Willy n’a pas à se tracasser de grand-chose. De telle sorte que l’insouciance et l’oisiveté sont ses attitudes par défaut. Mais voilà qu’après la destruction inopinée du vaisseau, la capsule de sauvetage de Willy part dans la direction opposée de celle de ses parents. Le voici donc naufragé sur une planète inconnue en compagnie de Buck, un robot chargé de le protéger.

Réalisé et coscénarisé par Éric Tosti, le long métrage d’animation Terra Willy emprunte à maintes œuvres, comme Robinson Crusoé, Le livre de la jungle et Tarzan, pour n’en nommer que quelques-unes, dans l’élaboration de sa trame à saveur initiatique. Car on s’en doute en découvrant lors du prologue que Willy ne pense qu’à jouer et est incapable de respecter quelque requête parentale que ce soit : cette aventure-là servira d’abord à lui faire gagner en maturité et, surtout, en débrouillardise.

La formule classique du récit d’apprentissage, en somme.

Or, c’est en l’occurrence joliment exécuté, en cela que la facture colorée et dynamique séduit l’œil. Certes, l’animation proprement dite ne révolutionne rien (notamment en ce qui concerne la finesse des textures), mais la technique est de tenue fort honnête.

Qui plus est, le design des créatures s’avère très attrayant : Flash, un animal au comportement canin issu de la faune locale, est tout spécialement irrésistible. L’ajout d’éléments graphiques d’allure rétro, comme le jeu vidéo virtuel auquel s’adonne Willy, ainsi que l’inclusion d’amusantes prouesses technologiques du futur constituent autant d’atouts supplémentaires.

Rythme trépidant

Aspect important pour maintenir l’attention des tout-petits : hormis peut-être le temps d’une halte forcée au fond d’un trou qui s’étire inutilement, le rythme demeure pour l’essentiel trépidant.

Une cadence qui permet d’atténuer un brin la nature foncièrement prévisible de l’intrigue. Car si elles s’enchaînent bon train, les séquences ne donnent jamais à voir des retournements bien, bien étonnants.

Il n’empêche, comme on l’écrivait, l’ensemble reste assez charmant et devrait amuser le jeune public auquel le film est destiné au premier chef.

Terra Willy

Animation d’Éric Tosti. France, 2019, 90 minutes. Dès maintenant sur iTunes, Illico, Cogeco, Telus, Bell et Vimeo