«Parasite» du Sud-Coréen Bong Joon-ho remporte la Palme d'or

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho pose sur scène avec son trophée après avoir reçu la Palme d'or au Festival de Cannes pour le film «Parasite», le 25 mai 2019.
Photo: Valery Hache Agence France-Presse Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho pose sur scène avec son trophée après avoir reçu la Palme d'or au Festival de Cannes pour le film «Parasite», le 25 mai 2019.

Parasite, drame familial magistral mâtiné de thriller du Sud-Coréen Bong Joon-ho, qui dépeint la violence des inégalités sociales avec une grande maîtrise formelle, a remporté la Palme d’or samedi en clôture du 72e Festival de Cannes.

La Palme d’or a été décernée à l’unanimité du jury, a précisé son président, le cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu.

« Nous avons été fascinés pas [le] film [de Bong Joon-ho] et cette fascination a continué à croître au fil des jours, d’où notre unanimité », a-t-il développé en conférence de presse, saluant également la grande efficacité du film.

Bong Joon-ho, grand représentant de la nouvelle vague de Corée du Sud, est le tout premier cinéaste du pays à décrocher la suprême récompense cannoise.

« Merci beaucoup. Je suis très honoré, j’ai toujours été très inspiré par le cinéma français, je remercie Henri-Georges Clouzot et Claude Chabrol », a commenté celui qui succède au palmarès au Japonais Hirokazu Kore-eda, palmé l’an passé pour Une affaire de famille.

Les points communs sont d’ailleurs frappants entre les deux films, puisque le film de Kore-eda racontait l’histoire d’une famille dans le désœuvrement qui commet des larcins, avant d’accueillir une fillette chez eux.

L’humanisme débordant dans « Une affaire de famille » est moins présent dans Parasite dont la critique sociale s’avère féroce, avec une propension à la violence et l’humour noire savamment dosée par Bong Joon-ho.

Parasite raconte l’histoire d’une famille de chômeurs, celle de Ki-taek (incarné par Song Kang-ho, acteur fétiche de Bong Joon-ho), qui végètent dans un appartement en sous-sol sombre et sordide, où ils cohabitent avec les cafards et vivent d’expédients.

La vie de Ki-taek, sa femme et leurs deux enfants change de tournure le jour où son fils, Ki-Woo, décroche un travail de professeur particulier d’anglais pour une jeune fille dans une famille bourgeoise, les Park, qui habitent une somptueuse maison avec jardin, grandes baies vitrées et décoration soignée.

La famille de Ki-taek va vite s’emparer du filon : par d’habiles subterfuges, Ki-Woo fait embaucher sa sœur pour donner des cours de dessin au petit dernier, puis ses parents comme chauffeur et gouvernante. Mais, si tout semble aller pour le mieux pour cette famille d’arnaqueurs, l’arrivée de ces « parasites » dans la famille Park va en fait marquer le début d’un engrenage incontrôlable.

Un prix au compositeur Jean-Michel Blais

Avant l’annonce du palmarès officiel, le jury indépendant Cannes Soundtrack, composé de journalistes, a remis dans la journée un disque d’or au compositeur Jean-Michel Blais pour la musique originale du film Matthias et Maxime, de Xavier Dolan. Jean-Michel Blais, également pianiste, avait vu son premier album solo II sous label Arts Crafts, sélectionné en 2016 parmi les dix meilleurs albums de l’année par le Time. Le premier prix de Cannes Soundtrack fut accordé à Alberto Iglesias pour la trame de Douleur de gloire de Pedro Almodovar.