À mi-parcours, un bon cru, un favori et des appels à la résistance

Onze critiques français sur 15, interrogés par le Film Français, considèrent que «Douleur et Gloire», déjà sorti dans l’Hexagone, vaut une Palme d’or.
Photo: Alberto Pizzoli Agence France-Presse Onze critiques français sur 15, interrogés par le Film Français, considèrent que «Douleur et Gloire», déjà sorti dans l’Hexagone, vaut une Palme d’or.

De Terrence Malick à Jim Jarmusch en passant par les révélations Ladj Ly et Mati Diop, la résistance semble être le maître-mot, à mi-parcours, de cette 72e édition cannoise, qui pourrait enfin être celle d’Almodovar, chouchou de nombreux critiques avec son film Douleur et gloire.

« Palmodovar » ?

Encensé par la presse, l’Espagnol tient la corde dans le panel de dix critiques internationaux de la revue spécialisée Screen, avec une note de 3,3 (sur 4), devant la nouvelle venue Mati Diop avec le poétique Atlantique, histoire d’exil et de fantômes se déroulant au Sénégal (2,8).

Onze critiques français sur 15, interrogés par le Film Français, considèrent que Douleur et Gloire, déjà sorti dans l’Hexagone, vaut une Palme d’or.

Face à la pression, Almodovar répond qu'« on peut survivre sans » et a promis de continuer « d’aller à Cannes » tant qu’on l’invitera. « Et si un jour je l’obtiens, ce sera merveilleux ».

« Il vient avec son film le plus personnel, il n’a jamais eu la Palme. Pour lui, c’est un peu la Palme ou rien », estime Stéphane Gobbo, journaliste au quotidien suisse Le Temps interrogé par l’AFP, très impressionné par ce film.

Parmi les autres longs métrages qui ont beaucoup plu aux critiques : Une vie cachée de Terrence Malick, dans la veine de The Tree of Life, qui avait déjà valu une Palme d’or en 2011 au réalisateur américain et Portrait de la jeune fille en feu de la Française Céline Sciamma, histoire d’amour brûlante mais pudique entre deux femmes, une peintre et son modèle.

En résistance

Alléchante sur le papier, la compétition cannoise tient plutôt bien ses promesses, avec une forte proportion de films de genre traduisant « l’horreur du monde moderne ». « Il y a beaucoup de films sociaux déguisés en films de genre », souligne Sophie Avon, du quotidien Sud Ouest.

Dans la dizaine de films présentés jusqu’ici, on trouve pêle-mêle des personnages en lutte contre les zombies (The Dead don’t die de Jim Jarmusch), l’uberisation de la société (Sorry We Missed You de Ken Loach), de mystérieux tueurs (Bacurau de Kleber Mendonça Filho), le nazisme (Une vie cachée de Terrence Malick) ou encore la misère sociale dans les banlieues (Les Misérables de Ladj Ly, un premier film)…

Rappelons que le délégué général du festival, Thierry Frémaux, avait qualifié de « romantique et politique », la sélection, lorsqu’il l’avait dévoilée à la presse.

Semaine 2

À mi-parcours rien n’est encore joué, surtout que des poids lourds sont attendus cette semaine, à commencer par Tarantino, l’enfant terrible du cinéma américain palmé il y a 25 ans avec Pulp fiction et dont le 9e film Once upon a time… in Hollywood est l’événement le plus attendu du festival.

L’Américain a déjà foulé le tapis rouge samedi pour soutenir le Chinois Diao Yinan, auteur du Lac des oies sauvages, également en compétition.

Parmi les autres réalisateurs attendus et habitués de la Croisette, figurent Xavier Dolan, Grand prix 2016 à Cannes pour Juste la fin du monde et Abdellatif Kechiche, palmé avec ses deux actrices pour La vie d’Adèle en 2013.

« Kechiche me semble pouvoir changer la donne », avec son deuxième volet de Mektoub my love, souligne Sophie Avon, qui fait également partie de l’équipe cinéma du « Masque et la Plume », sur France Inter. Et, de manière générale, « on peut être surpris jusqu’au dernier moment ».

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