«Mia et le lion blanc»: un plaidoyer lénifiant pour la liberté des animaux

Le film se déroule dans un cadre idyllique plus proche d’une émission de téléréalité.
Photo: MK2 Mile End Le film se déroule dans un cadre idyllique plus proche d’une émission de téléréalité.

Si l’imprévisible et ambitieux Jean-Jacques Annaud (L’ours, Deux frères) craignait une absence de relève en ce qui concerne le cinéma animalier à grand déploiement, il pourra trouver en Gilles de Maistre source de réconfort. Ce documentariste, tout aussi éclectique dans ses choix de sujets (Le premier cri, La quête d’Alain Ducasse), affectionne également le film rendant hommage à la nature et à son indiscutable fragilité.

Il n’a pas renié non plus ses réflexes face au réel, prenant tout son temps, c’est-à-dire quelques années, pour tisser une relation solide, voire fusionnelle, entre sa jeune héroïne et un lionceau qui, en fin de parcours, pourrait auditionner pour une suite à The Lion King. La transformation est visible, autant chez le félin Charlie que sa protégée, Mia (Daniah De Villiers), dont les traits passent de jolie fillette à adolescente délurée, transition toutefois moins spectaculaire que dans Boyhood, de Richard Linklater.

Dans un environnement paradisiaque où l’Afrique du Sud fait office de toile de fond, où la population est en retrait, une famille d’expatriés élève des animaux, dont plusieurs lions destinés aux zoos et aux réserves. C’est du moins ce qu’affirme John (Langley Kirkwood), le propriétaire et le père de la fratrie, une posture morale qui tranche avec les moeurs locales. Littéralement soudée à ce magnifique lion qui grandit sous nos yeux, et sous son aile, l’adolescente en devient la protectrice farouche, au grand désespoir de sa mère, Alice (Mélanie Laurent), et de son frère aîné. Or, Mia craint aussi les crapules capitalistes (qui se promènent en VUS) et n’hésitera pas à plonger dans une nature hostile pour sauver Charlie.

Éclair de réflexion

Les petites prouesses temporelles dans Mia et le lion blanc sont admirables, un parti pris sur la durée assez périlleux lorsqu’il s’agit de travailler avec des enfants, et des animaux aussi imposants et imprévisibles. Tout cela se déroule dans un cadre idyllique plus près d’une émission de téléréalité que d’un film imprégné de la culture et des réalités des lieux. Ceux-ci sont le plus souvent javellisés, quelque chose comme la méthode Walt Disney avec une petite touche européenne.

Ce portrait de famille en apparence idyllique où le chien est remplacé par un lion — permutation pas si banale, certes — offre un discours nécessaire, mais lénifiant, sur les périls liés à l’extinction des espèces animales, et les mauvais traitements que leur font subir tous ces chasseurs du dimanche voulant surtout une photo de conquérants. Ce type de cinéma éveille les consciences, mais seulement pour le temps de la projection.

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Mia et le lion blanc

★★ 1/2

Aventures de Gilles de Maistre. Avec Daniah De Villiers, Mélanie Laurent, Langley Kirkwood, Ryan Mac Lennan. France, 2018, 98 minutes.