André Forcier, double primé au 40e FFM

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «Embrasse-moi comme tu m’aimes», d’André Forcier (au centre), a remporté le prix du meilleur film canadien assorti d’une bourse de 60 000 $, qui lui sera fort utile.

Il y avait des fleurs sur la scène de l’Impérial lundi soir, placées là pour la clôture du 40e FFM, aussi pour le deuil forcément, celui d’un des membres du jury de la compétition officielle, le producteur britannique Donald Ranvaud (City of God, Central Station, etc.) mort à Montréal la nuit précédente d’une rupture de l’aorte. Arrivé après les autres, au sein d’un jury où d’autres membres avaient fait défection, il sera parti avant eux de la plus terrible façon. Étrange édition sous signe noir.

Le cinéaste québécois Claude Gagnon, également du jury, a réclamé un moment de silence à sa mémoire, soulignant par ailleurs la qualité exceptionnelle des films de la course.

« La 41e édition de Festival des films du monde se déroulera du 24 août au 4 septembre… 1917 », devait lancer après coup le président Serge Losique, en retard d’un siècle. « J’ai toujours cru au Vox populi, vox dei », déclara-t-il, en remerciant les cinéphiles de Montréal. Décrié par les uns, appuyé par les autres, le FFM n’en finit plus d’être ballotté.

Embrasse-moi comme tu m’aimes, d’André Forcier, a remporté le prix du meilleur film canadien assorti d’une bourse de 60 000 $, qui lui sera fort utile. « Le FFM est un grand festival qui n’est pas décrié à l’étranger comme au Québec, affirmait le cinéaste québécois. Il est temps qu’on réfléchisse. » Son film a également reçu par jury le prix de l’innovation. « J’espère qu’on va avoir une très bonne édition du 41e. »

Les Chelem d’or, bourses offertes par le groupe chinois Gold Finance, ont bel et bien été attribués à divers lauréats, laissant les sceptiques qui doutaient désormais de leur existence, confondus. Les Chinois sur la scène assuraient aimer le FFM, qui aurait accru selon eux sa réputation… après cette 40e édition du Festival.

La constitution, grand lauréat

Au palmarès, c’est La constitution, du Croate Rajko Grlic, sur le rapprochement forcé de voisins à Zagreb, qui a remporté le Grand Prix des Amériques. Le Grand Prix spécial du jury couronnait pour sa part Maison sans toit, de Soleen Yusef, production de l’Allemagne et du Kurdistan.

Le prix d’interprétation masculine plus que mérité a récompensé Willem Dafoe pour sa prestation de grand malade dans My Hindu Friend, du défunt Hector Babenco, et celui de la meilleure actrice Hannah Hoekstra pour La mégère, d’André van Duren.

Le laurier de la mise en scène a coiffé le très percutant Everybody Happy, du Flamand Nic Balthazar, lauréat il y a neuf ans de tous les honneurs avec Ben X. « Je rends hommage au festival qui a su tenir dans une marée parfois mouvementée », lança-t-il.

Le sensible Swaying Waterlily, crise de couple de la Turque Seren Yüce, fut primé au scénario. Quant au beau film stylisé Le paon de nuit, de l’écrivain cinéaste Dai Sijie, filmé entre Chine et Paris, il récoltait le prix du meilleur film chinois. Au très apprécié Tatara Samurai, du Japonais Yoshinari Nishikori, le laurier de la meilleure contribution artistique.

Et vogue la galère pour le prochain FFM en 1917, pardon ! 2017.

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