«Ant-Man»: dans les petits pots…

Le succès d’un film comme Ant-Man repose pour une bonne part sur la qualité des trucages et des effets spéciaux, et sur l’usage qu’on en fait. Sans surprise, le spectacle impressionne.
Photo: Buena Vista Le succès d’un film comme Ant-Man repose pour une bonne part sur la qualité des trucages et des effets spéciaux, et sur l’usage qu’on en fait. Sans surprise, le spectacle impressionne.

Après être entré par effraction dans une vieille demeure, un cambrioleur se voit confier une mission par le scientifique qui y vit en quasi-réclusion. L’enjeu ? Sauver le monde des desseins malveillants d’un ancien protégé mégalomane. L’outil principal pour y parvenir ? Un costume qui use d’une technologie révolutionnaire permettant de rétrécir jusqu’à la taille d’une fourmi tout en gagnant une puissance physique inversement proportionnelle. Naissance d’Ant-Man, un superhéros créé dans les comic books de Marvel comme les Iron Man, Capitaine America, et autres Thor avant lui. Objet d’une présentation spéciale à Fantasia ce mardi soir juste après le film d’ouverture Miss Hokusai, Ant-Man prend l’affiche vendredi.

Tout sommaire soit-il, le résumé précédent devrait permettre au spectateur de jauger si cette nouvelle proposition d’un genre qui exerce désormais une véritable hégémonie sur le box-office mondial est susceptible, ou non, de l’intéresser. À titre indicatif pour les amateurs de superhéros (et les nostalgiques du classique L’homme qui rétrécit), le ton débonnaire qu’adopte cette production un poil plus modeste que celles qui l’ont précédée se rapproche fort de celui du film Les gardiens de la galaxie, une autre concoction Marvel. Un choix judicieux, en l’occurrence.

En effet, il eût été bien mal avisé de se prendre trop au sérieux avec pareille prémisse. Coscénarisé par le cinéaste britannique Edgar Wright (Shaun et les zombies), qui a cédé son fauteuil de réalisateur à l’Américain Peyton Reed (Monsieur Oui), le scénario somme toute classique comporte quelques retournements ingénieux, en plus de fourmiller (pardonnez le jeu de mots) d’échanges savoureux. Manifestement, les interprètes s’amusent ferme.

Michael Douglas (Wall Street, Ma vie avec Liberace) est particulièrement efficace en vieux génie malcommode mais avec le coeur à la bonne place. Sa fille, qui le couve d’un oeil réprobateur, est campée par une Evangeline Lilly (Le Hobbit) redoutable — et qui ressemble à s’y méprendre à une jeune Lee Grant. Quant à Corey Stoll (Le beau mensonge), il compose un méchant en latence plutôt qu’en exubérance ; une approche rafraîchissante. En complice verbomoteur du héros, Michael Pena est impayable.

Le naturel d’une star

Ant-Man est toutefois le film de Paul Rudd, un acteur qui est souvent passé à un cheveu du statut de star sans que cela se concrétise tout à fait. Vedette de franches comédies comme J’t’aime mon homme et 40 ans : mode d’emploi, Rudd est aussi à l’aise dans le registre dramatique, comme il l’a démontré en début de carrière dans L’objet de ma tendresse. Ici, le sympathique comédien offre un jeu typiquement décontracté. On ne sent jamais l’effort ou la recherche d’effets. Il est ce gars ordinaire qui se retrouve dans une situation extraordinaire.

Évidemment, le succès d’un film comme Ant-Man repose pour une bonne part sur la qualité des trucages et des effets spéciaux, et sur l’usage qu’on fait de ceux-ci. Sans surprise, le spectacle impressionne, quoique là encore, le canevas demeure volontairement plus restreint que celui imparti aux Avengers. Pourquoi recourir à un décor démesurément grand, du reste, quand le personnage principal est gros comme une tête d’épingle ?

Au final, le niveau de divertissement atteint est, lui aussi, inversement proportionnel à la taille réduite de cet improbable superhéros.

Ant-Man (V.O. et V.F.)

États-Unis, 2015, 117 minutes. Réalisation : Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Michael Douglas, Evangeline Lilly, Corey Stoll, Michael Pena, Bobby Cannavale.