Quatre candidates veulent secouer le conseil d’administration du MBAM

Le conseil d’administration du MBAM est constitué de 21 membres (dont 9 nommés par Québec). Ces administrateurs élisent un président parmi eux.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le conseil d’administration du MBAM est constitué de 21 membres (dont 9 nommés par Québec). Ces administrateurs élisent un président parmi eux.

Les élections pour les quatre postes ouverts au conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) seront contestées la semaine prochaine. Quatre candidates de l’extérieur se présenteront en effet en front commun contre les candidats recommandés par l’actuel C. A.

Caroline Codsi (femme d’affaires, fondatrice de La gouvernance au féminin), Valentine Goddard (avocate et spécialiste de l’éthique de l’intelligence artificielle), Claudette Hould (historienne de l’art) et Lydie Olga Ntap (avocate et fondatrice du Musée de la Femme) décrivent leurs candidatures comme étant placées « sous le signe de l’humanisme, de l’inclusion et de l’innovation », de même que de la « gouvernance ».

Peut-on plus précisément parler d’un camp pro-Nathalie Bondil, la directrice générale dont le congédiement en juillet a déclenché une tempête encore vive ? À cela, Mme Goddard répond « non… mais c’est certain qu’il y a une solidarité envers ce qu’elle a vécu et que j’ai trouvé violent », indiquait lundi en entretien celle qui était désignée comme porte-parole du groupe.

« Mais on ne veut pas arriver comme étant un parti d’opposition — même si je comprends que ce sera perçu comme ça. Le positionnement qu’on a, c’est de proposer un vent de fraîcheur, d’amener une expertise. […] C’est plus une réplique à un statu quo, parce que le C. A. ne propose pas beaucoup de changement dans les nominations. »

Mme Goddard fait référence au fait que le comité de mise en candidature du C. A. recommande officiellement quatre candidats pour les quatre postes qui seront mis en jeu lors de l’assemblée générale des membres, le 29 septembre.

On ne veut pas arriver comme étant un parti d’opposition — même si je comprends que ce
sera perçu comme ça

 

Trois d’entre eux siègent déjà au conseil : il s’agit de Michel de la Chenelière (qui vient de démissionner de la présidence du conseil, mais tente une réélection comme administrateur), de Sylvie Demers et de Rémi Quirion. J. Serge Sasseville (avocat et président du C. A. de la Fondation de la Place des Arts) est l’unique candidat de l’externe, mais il dispose du soutien du conseil.

Des liens

Il y a à tout le moins des liens indirects entre Nathalie Bondil et les quatre candidates. Selon Mme Goddard, c’est un groupe de personnes qui a eu l’idée du rassemblement des quatre femmes. Mais il comprenait notamment Thomas Bastien, un ancien directeur au Musée, qui était aussi à l’origine d’une pétition lancée cet été pour forcer le conseil d’administration à venir s’expliquer devant les membres.

L’historienne Claudette Hould a pour sa part publié récemment une lettre ouverte qui énumérait les réalisations de Nathalie Bondil pour conclure que « sous sa gouverne, avec ses équipes bien aimées, ses collaborations internes et externes, [le MBAM] a connu un développement exceptionnel ».

La lettre ne faisait pas mention de ce qui est à la source du congédiement de Mme Bondil — le problème d’un climat de travail jugé « toxique » par le C. A. et de nombreux employés qui se sont exprimés publiquement à cet égard.

« Je ne connais pas la nature des accusations », dit à ce sujet Valentine Goddard. « Quand on aura l’information sous la main, on verra. Mais je ne l’ai pas, alors je ne prends pas parti. » Elle dit toutefois avoir « entendu que Mme Bondil était réceptive, écoutait ce qui se passait ».

Le conseil d’administration du MBAM est constitué de 21 membres (dont 9 nommés par Québec). Ces administrateurs élisent un président parmi eux.

Selon la Loi sur le Musée des beaux-arts de Montréal, le conseil peut combler toute vacance en nommant quelqu’un pour terminer le mandat d’un administrateur démissionnaire (sauf ceux nommés par Québec).

C’est ce qui s’est passé la semaine dernière pour permettre l’élection du mécène Pierre Bourgie à la présidence du conseil, alors qu’il n’en était pas membre jusque-là.

Rappelons que Nathalie Bondil a déposé vendredi une poursuite de deux millions contre les actuels administrateurs du MBAM. Elle demande un million en réparation des dommages moraux, et un autre million en dommages-intérêts punitifs pour « les atteintes illicites et intentionnelles portées à ses droits fondamentaux de sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation ».

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