Peindre la ville comme une page blanche

André Bathalon, cofondateur du Festival Mural
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir André Bathalon, cofondateur du Festival Mural

Jason Botkin a commencé à peindre des murales à Montréal, lui qui est arrivé de Winnipeg il y a une dizaine d’années. Auparavant, il exposait dans les galeries, mais il aime que l’art sorte dans la rue, à la rencontre des passants. Il aime aussi la vie éphémère des murales.

« C’est un peu comme avec les humains, il faut en profiter avant qu’ils meurent », dit pour sa part André Bathalon, cofondateur du Festival Mural, qui prendra place, boulevard Saint-Laurent à Montréal, du 9 au 19 juin prochain. Le Festival Mural célèbre donc l’art vivant des murales et dévoilait la programmation de sa 4e édition mercredi.

C’est une vingtaine d’artistes du démesuré qui prendront d’assaut les murs de Montréal. Et durant les onze jours du festival, la rue Saint-Laurent sera fermée à la circulation. Au final, on devrait y récolter une nouvelle mouture de 60 murales uniques. On sait qu’une institution muséale du Quartier des spectacles a également accepté de prêter ses murs à l’expérience.

Fait à noter cette année, le festival comptera également son lot d’installations sculpturales éphémères. On pourra donc voir les installations de l’Irlandais Maser, de l’Espagnol Pantone, du Français Fafi, du Canadien Peaches, et de plusieurs autres.

Un Australien pour la pièce principale

Côté muralistes, c’est à l’Australien Meggs que l’on a confié la murale emblématique du festival, celle qui se trouve tout à côté des quartiers généraux de l’événement, sur le côté est du boulevard Saint-Laurent, au sud de Prince-Arthur. On dit de Meggs qu’il « utilise la couleur et le mouvement », qu’il fait des références à la culture pop, à la nature, mais aussi à des questions socioculturelles.

Pour Jason Botkin, qui peignait mercredi sur le trottoir même du boulevard Saint-Laurent, à l’occasion du lancement de la programmation de Mural, l’art muraliste a la particularité d’être directement lié aux communautés. Botkin est cofondateur du groupe En masse, qui propose des murales collectives en noir et blanc, comme celle qui orne l’Espace Go. À travers ce groupe, il travaille avec quelque 300 artistes vivant partout dans le monde. Il est également membre du projet Sea Walls, par lequel des artistes du monde entier illustrent une réflexion sur l’eau et sur la mer. Présentement, un groupe du projet travaille sur une série de murales à Toronto et se penche sur le sort des Grands Lacs.

Même si ça n’est pas le cas dans le cadre du Festival Mural, qui paie ses participants, Jason Botkin peint souvent gratuitement. Pour de nombreux artistes muralistes, c’est une façon comme une autre de faire un pied de nez à la société capitaliste, dit-il.

Pour sa part, le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a enjoint mercredi aux créateurs du festival de ne jamais devenir un « groupe corporatiste » et de garder leur identité, au bord de la marge.

Visites guidées

Le festival accueillera donc des oeuvres d’artistes d’ici et d’ailleurs, aux pseudonymes sonnant comme des signatures : Buff Monster, D*Face, FAFI, Natalia Rak, Evoca 1, Klone Yourself, Acidum Project, Grems, Jonathan Bergeron, Roadsworth, Fiveeight, HSIX and Zek, FONKI, X-RAY, et Miss Teri.

En collaboration avec la STM, le festival propose une quarantaine de visites guidées des oeuvres en cours de création. La programmation musicale de l’événement, ainsi que les détails des conférences seront dévoilés sous peu. Tout le week-end, du 11 et 12 juin, le parc du Portugal sera animé par un marché des cultivateurs et des jeux géants pour enfant. La semaine suivante, ce sera au tour d’un marché de la mode et de l’art de vivre de planter ses quartiers au parc.