L’art public en question

La performance J’aime Montréal et Montréal m’aime/le jeu de Thierry Marceau, à l’immeuble 2-22, représente bien les nouvelles formes d’art public.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La performance J’aime Montréal et Montréal m’aime/le jeu de Thierry Marceau, à l’immeuble 2-22, représente bien les nouvelles formes d’art public.

Avec des créations comme les 21 balançoires du Quartier des Spectacle, conçues par le tandem Daily tous les jours, et la multiplication des interventions artistiques hors les murs, l’art public se transforme et connaît un regain d’intérêt. L’Université du Québec à Montréal (UQAM) coorganise un colloque international le 19 septembre sur les enjeux de cette pratique avec le Bureau d’art public de Montréal (BAPM), qui lance ainsi son 25e anniversaire.

 

« Beaucoup d’étudiants en design, en danse, en théâtre s’intéressent à la place de l’art dans l’espace public. On travaille d’ailleurs à développer une maîtrise en art public », explique Louise Poissant, doyenne de la Faculté des arts de l’UQAM.

 

Pratiques plus éphémères, volonté d’interagir avec le public ou de susciter une réflexion sociale ou politique : non seulement l’art public investit de nouveaux champs esthétiques — architecture du paysage, performance vivante, etc. — mais son rapport avec le lieu où il se déploie change. « Il ne s’agit plus juste d’embellir les lieux publics, mais de les transformer en y ajoutant une autre dimension, parfois critique, sociale ou politique », indique Mme Poissant.

 

L’art public : nouveaux territoires, nouveaux enjeux ne cible pas les oeuvres les plus spectaculaires, mais un spectre de formes d’interventions diverses qui ouvrent de nouveaux possibles pour l’art dans l’espace public. La journée verra converger autant des théoriciens et des artistes que des gestionnaires municipaux ou institutionnels. Parmi ceux-ci, le professeur d’histoire de l’art de l’UQAM Patrice Loubier viendra parler d’art public furtif, la chercheuse et commissaire coréenne DooEun Choi traitera d’architectures lumineuses et Kirsten Dunne viendra parler des audaces et des embûches du projet Fourth Plinth. Ce quatrième socle du Trafalgar Square à Londres a vu défiler les oeuvres de grands artistes comme Anish Kapoor et Antony Gormley depuis 2005, dans une volonté de stimuler la discussion avec le public à propos de l’art contemporain.

 

Le colloque s’inscrit dans le cadre du 25e anniversaire du BAPM, qui a doté la ville d’un parc de 315 oeuvres depuis 1989. Le BAPM dévoilera bientôt les quelques autres jalons de l’année marquant son quart de siècle.