En bref - France: un baiser sur une toile exposée comparé à un «viol»

Marseille, France — Un baiser, imprimé au rouge à lèvres par une jeune femme sur une toile du peintre américain Cy Twombly, constitue «un viol» de cette oeuvre, a estimé hier Éric Mézil, commissaire de l'exposition d'Avignon où était exposé le tableau.

La toile sans titre de trois mètres sur deux, d'une blancheur immaculée excepté désormais la trace de rouge à lèvres, est évaluée à deux millions d'euros. Sam Rindy, 30 ans, une habitante de la région, interpellée jeudi après avoir embrassé la toile, est convoquée le 16 août au tribunal d'Avignon pour dégradation d'oeuvre d'art. «J'ai trouvé le tableau encore plus beau» après, avait-elle dit. «C'est du vandalisme, un viol, elle ne se rend pas compte du tout», a déclaré M. Mézil à l'AFP. «Elle parle d'amour, mais c'est un viol, il faut qu'elle comprenne ce qu'est la propriété intellectuelle d'un artiste.» «Cette femme a vandalisé l'oeuvre en faisant une espèce de performance, a-t-il poursuivi, il y a très peu de chances de pouvoir la restaurer, l'artiste est effondré.» «Le rouge à lèvres contient des matières grasses, des produits chimiques et le rouge est la couleur la plus violente: ce rouge est indélébile», a expliqué M. Mézil. Il a affirmé avoir reçu le soutien de «plusieurs musées américains et du musée Stedelijk d'Amsterdam» qui avait connu des cas identiques.