«Pas besoin d’ennemis», Julien Guy-Béland

En écorchant sa personne autant que le système, Béland met le doigt sur ce qui, dans les frontières de son cheminement, fait écho à l’hypocrisie, à l’indifférence, aux propagandes et aux formes d’ostracisme existant dans notre société.
Photo: Héliotrope En écorchant sa personne autant que le système, Béland met le doigt sur ce qui, dans les frontières de son cheminement, fait écho à l’hypocrisie, à l’indifférence, aux propagandes et aux formes d’ostracisme existant dans notre société.

Ces lignes sont insuffisantes pour décrire la complexité de l’exercice auquel s’est prêté Julien Guy-Béland dans ce roman autobiographique écrit en partie durant une période de toxicomanie active. À partir de son expérience de la dépendance, l’auteur aborde la toxicité des milieux masculins, nocturnes et musicaux. En écorchant sa personne autant que le système, Béland met le doigt sur ce qui, dans les frontières de son cheminement, fait écho à l’hypocrisie, à l’indifférence, aux propagandes et aux formes d’ostracisme existant dans notre société. Y passent les contradictions d’un pouvoir politique et de son système de santé universel qui ne s’intéressent qu’à la part productive de sa population, la fausse croyance envers les bienfaits intrinsèques de la littérature, ainsi que le marketing de l’engagement citoyen, et celui des alliés, qui « étouffent les possibilités d’existence ». La forme, fragmentée, martelée, presque suffocante, se fait l’écho des violences condamnant aux marges ceux qui ne collent pas aux attentes, et écorchent leur liberté d’être et leur validité.

 

Pas besoin d’ennemis

★★★ 1/2

Julien Guy-Béland, Héliotrope, Montréal, 2022, 156 pages

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