«Neon White»: à toute vitesse, s’échapper de l’enfer

Dans une centaine de casse-tête, on combine le tir à la première personne et des mouvements de parcours pour arriver à l’objectif le plus rapidement possible tout en éliminant les démons sur notre chemin afin d’obtenir les plus hautes distinctions.
Photo: Annapurna Interactive Dans une centaine de casse-tête, on combine le tir à la première personne et des mouvements de parcours pour arriver à l’objectif le plus rapidement possible tout en éliminant les démons sur notre chemin afin d’obtenir les plus hautes distinctions.

Saute, saute, cours, tire, saute, tire, saute, tire, tire, saute. Il y a quelque chose d’enivrant dans Neon White, le tout premier titre du studio indépendant Angel Matrix, un jeu de tir à la première personne unique où l’on n’a qu’un seul but : toujours aller plus vite.

On y joue le rôle de Neon White, un homme de péché destiné à l’enfer, mais choisi par Dieu pour entrer dans une compétition pour tuer du démon et courir la chance d’avoir une place au paradis. Mais les autres Neons — Yellow, Red, Violet et Green — ont aussi les yeux rivés sur le grand prix. Et s’ils nous reconnaissent, White est, lui, amnésique. Une histoire un peu ridicule d’avarice, de trahison et de revanche nous attend.

Mais Neon White est avant tout un jeu sur le mouvement et la vitesse. Dans une centaine de casse-tête, on combine le tir à la première personne et des mouvements de parcours pour arriver à l’objectif le plus rapidement possible tout en éliminant les démons sur notre chemin afin d’obtenir les plus hautes distinctions.

Des cartes distribuées tout au long des niveaux nous donnent accès à des armes tels un pistolet, un fusil d’assaut ou un lance-roquette qu’on peut utiliser pour tirer sur les démons, mais qu’on peut aussi sacrifier pour bouger à travers l’espace. Se délester de la carte du fusil de chasse nous propulse par exemple dans la direction qu’on vise. La carte de la mitraillette nous renvoie vers le bas, détruisant tout à notre arrivée au sol.

Combinée aux niveaux conçus avec brio qu’on doit traverser à toute vitesse, cette double mécanique, où l’on doit, en une fraction de seconde, décider entre utiliser les cartes à notre disposition ou les sacrifier, devient enivrante — surtout lorsqu’on a déjà compris la solution du casse-tête devant nous et qu’on se concentre à le résoudre le plus rapidement possible.

On entre dans la « zone », ce fameux état de « flow » décrit par le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi. Les environnements en 3D rudimentaires très stylisés défilent sous nos yeux, nos mouvements deviennent une deuxième nature. Un ami qui nous observait en train de jouer a trouvé le bon mot : hypnotique. La trame sonore techno signée par la musicienne électronique Machine Girl y est aussi pour beaucoup.

C’est dommage que le récit de Neon White nous ait fait autant grimacer, avec ses coups de poignard dans le dos trop prévisibles et ses dialogues douteux. Malheureux d’autant plus qu’ils sont délivrés à la façon d’un lent roman interactif (qui ne permet d’ailleurs aucune interaction), en complète antithèse de la prémisse principale du jeu : aller vite.

On pardonne cet écart, l’ivresse de nos élans nous ayant séduits. Franchement original, Neon White nous a emportés dans une quête qui a testé nos capacités tant de logique que de dextérité. Difficile par contre d’imaginer y jouer avec une manette sur la Nintendo Switch plutôt que sur un PC avec clavier et souris, qui permettent des mouvements beaucoup plus fins.

 

Neon White

★★★★

Conçu par Angel Matrix et édité par Annapurna Interactive. Offert pour Nintendo Switch et PC Windows (Steam). Environ une dizaine d’heures à terminer.

À voir en vidéo