Les flâneuses

Photo: Le Devoir

Odile Tremblay

L'inconnu du centre-ville
Déambuler dans le centre-ville en entrant dans la tête d’un autre est à votre portée une heure durant jusqu’au 30 octobre. De la Place des Arts au Quartier chinois, casque aux oreilles, le parcours intitulé Vers solitaire propose cette étrange expérience sur des textes d’Olivier Choinière, revus par quatre metteurs en scène et autant d’interprètes, mais une seule vision s’offre à vous. Le personnage se désarticule parfois. Les passants croient à sa démence. Vous le suivez avec un sourire. « Des patates, des carottes, des arts, des hommes », énumère la voix sous promesses de consommation éperdues.


Amélie Gaudreau

Amusantes déconstructions
La machine cinématographique américaine se regarde le nombril dans L’attaque des clichés hollywoodiens ! une passionnante et fort amusante production de Netflix qui déconstruit un à un les clichés scénaristiques et de mise en scène typiques du cinéma américain, en plus d’expliquer leur origine. Rob Lowe, qui joue à la perfection tout ce qu’il y a de plus détestable chez les acteurs d’Hollywood, fait un formidable guide dans cet exercice d’analyse qui se penche entre autres sur le « syndrome de la schtroumpfette » et le phénomène de l’observateur solitaire de funérailles.


Caroline Montpetit

L’abus érigé en système
Il a sûrement fallu un courage exemplaire à l’autrice camerounaise Djaïli Amadou Amal pour écrire le roman Les impatientes, qui a remporté le Goncourt des lycéens en 2020. Inspiré de son expérience et probablement de bien d’autres Camerounaises, Les impatientes raconte le mariage forcé au Cameroun, les affres de la polygamie, la violence conjugale, et, peut-être surtout, la chape de plomb que constitue l’assentiment de tout le monde, famille d’origine comprise, à ce système. Pour s’en sortir, il ne restera aux plus déterminées que de s’enfuir, seules dans la nuit, envers et contre tous.


Louise-Maude Rioux Soucy

J’ai besoin de toi
Neuf ans que le père de la cinéaste et photographe montréalaise Kitra Cahana est confiné à son lit d’hôpital, entouré de soignants et de proches aimants. Dans Peaufiner l’art de languir, celle-ci nous invite à son chevet depuis lequel Ronnie Cahana philosophe sur cet état de langueur, d’abord physique, qui « naît sous le nombril », mais qui finit par monter inexorablement « vers le cœur » quand « on sait où notre âme est censée être ». Présenté au Festival du nouveau cinéma, cet émouvant court métrage sur la force des souvenirs et la prégnance des désirs est offert en ligne jusqu’au 31 octobre.

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