Les flâneuses

Photo: Le Devoir
Valérie Duhaime

C’est une sauvagesse
En 1976, une Innue des environs de Sept-Îles prenait la plume pour raconter sa vision de ce que son peuple traversait depuis l’arrivée des Blancs sur ce territoire ancestral. An Antane Kapesh leur disait, nous disait : ce que vous nous reprochez, c’est vous qui l’avez créé, c’est vous qui nous avez forcés à être ainsi. Je suis une maudite sauvagesse, réédité en 2019 par Mémoiresd’encrier, est le cri du cœur de celle que l’on considère comme la première écrivaine innue, et il est incontournable, direct, candide et impossible à oublier. Que ce livre précieux se retrouve vite au programme scolaire !


Odile Tremblay

Sous les images de Sébastien Pilote
Ceux qui vont voir au cinéma le Maria Chapdelaine de Sébastien Pilote, comme les admirateurs de ses films précédents, trouveront des pistes pour mieux décoder son univers. Voir disparaître, de Thomas Carrier-Lafleur (L’instant même), marie ses thématiques lancinantes — « Faut-il partir ou bien rester, survivre ou disparaître ? » — avec celles qui font battre le cœur de la société québécoise. Dans cet ouvrage, qui traite de ses films « tra-versés par cette oscillation entre sacrifice et survivance », son rapport au cinéma, à la mémoire et à l’ouverture s’éclaire avec une acuité poignante.


Manon Dumais

L’île des damnés
Mike Flanagan, créateur des séries d’horreur The Haunting of Hill House et Bly Manor, est de retour avec une saisissante série inspirée de la Bible, Midnight Mass (Sermons de minuit). Communauté insulaire de 127 âmes, Crockett Island est la proie de phénomènes extraordinaires peu après le retour d’un de ses fils prodigues et l’arrivée d’un prêtre ténébreux. Dans la lignée de l’excellent long métrage Saint Maud, Midnight Mass s’avère une réflexion bouleversante, truffée de scènes effroyables, sur la foi, l’interprétation des Saintes Écritures et l’immortalité. Sur Netflix.


Louise-Maude Rioux Soucy

Être Tadzio et mourir
À 15 ans, Björn Andrésen irradiait comme un soleil, illuminant de sa tendre mélancolie la pièce dans laquelle le recevait un Visconti immédiatement conquis. Retenu pour le rôle de Tadzio dans Mort à Venise, le Suédois verra sa vie basculer dans une noirceur que capturent Kristian Petri et Kristina Lindstrom dans le déchirant The Most Beautiful Boy in the World. On y retrouve un Björn Andrésen embrumé par les regrets et les non-dits que le temps a dépo-sés en 50 ans. Mêlées à de riches archives, ses confessions, tantôt frontales, tantôt fuyantes, sont bouleversantes. Au cinéma du Musée.

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