Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Philippe Renaud
Refuge sonore

Le collectif assemblé par le compositeur électronique Nicolas Jaar nomme « caves » ces moments de silence insérés entre deux séquences musicales atmosphériques qui parsèment les huit œuvres de Caves — A Compilation of Silence, parue il y a quelques jours. « Cette collection de silences et de musique peut être utilisée comme minuterie pour cuisiner, méditer, courir, marcher » ou piquer une sieste dans le hamac. L’album est offert selon le mode « pay as you want » sur Bandcamp ; les profits seront reversés au Dongyu Gatsal Ling, un monastère tibétain réservé aux femmes. 


François Lévesque 

Le vengeur mystérieux

Pandémie oblige, le Festival international de films Fantasia est contraint de rester majoritairement virtuel cette année. La programmation n’a pas souffert pour autant. Parmi les titres à voir se trouve Bull, de l’Anglais Paul Andrew Williams. Les échos qui précèdent ce thriller sont favorables et intrigants. On y suit un homme qui, après s’être volatilisé pendant dix ans, vient régler ses comptes avec d’anciennes accointances criminelles. Neil Maskell, remarqué dans l’excellent Kill List de Ben Wheatley, tient la vedette. Disponible en VSD le 8 août.


Amélie Gaudreau

Matière à réflexion

Ceux qui visiteront cet été l’exposition Ô merde ! au Musée de la civilisation, à Québec, dans la perspective de faire plaisir à leurs tout-petits, fascinés et amusés par tout ce qui concerne leurs déjections, risquent de l’apprécier encore plus que leur progéniture. Parce que ce tour d’horizon historique, scientifique, sociologique, économique et politique de notre rapport à nos excréments, aussi ludique qu’il soit, ouvre également la porte à une réflexion sérieuse sur l’avenir de la gestion quotidienne de nos « petits besoins ». Cela, ici et partout dans le monde.


Louise-Maude Rioux Soucy

Les âmes vagabondes

Fascinants sont les débuts du scénariste et réalisateur Edson Oda, qui, avec Nine Days, offre un bijou de singularité en s’attachant à l’histoire d’un homme chargé de décider quelles âmes pourront s’incarner. Autour de lui, des âmes studieuses, d’autres brouillonnes, toutes indiscutablement humaines, s’agitent pour capter l’essence d’une vie qu’on leur fait miroiter à travers des gestes et des sensations simples. Leurs échanges déroutants donnent lieu à des scènes d’une grande beauté, mais hantées par une sourde douleur métaphysique. Un film brillant à attraper au cinéma du Parc.