L’enveloppe de la culture s’épaissit un peu

Le Grand Théâtre de Québec, au même titre que BAnQ et Télé-Québec, voit son budget légèrement augmenter.
Photo: Stéphane Bourgeois Le Grand Théâtre de Québec, au même titre que BAnQ et Télé-Québec, voit son budget légèrement augmenter.

Les partis d’opposition ont passé une grande partie de l’étude des crédits accordés à la culture pour 2021-2022 à poser des questions sur les choix faits pour la prochaine fête nationale du Québec. Pour une très rare fois en culture, la question du sous-financement général n’a pas été du tout abordée. Les chiffres ont à peine été discutés, très peu remis en question. Les critiques se sont plutôt attardées, presque avec obstination, à des points de détail et à des cas très précis.

Il est vrai que quelques heures avant le début de l’exercice, la ministre Nathalie Roy avait annoncé la bonification des bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) de 12 millions. Le but est d’aider les artistes le plus directement possible, en finançant des projets de recherche et de création, comme l’a souligné la ministre. L’enveloppe atteint ainsi une somme record de 25,5 millions. L’investissement en culture pour 2021-2022, de 147 millions, est aussi inédit.

En plus du CALQ, pratiquement tous les organismes de soutien et de développement culturel voient leurs budgets augmenter, même si ce n’est que légèrement — Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Télé-Québec, le Grand Théâtre de Québec. À la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC), l’enveloppe des programmes d’aide passe de 67 à 119 millions. Le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec conserve le même soutien qu’au dernier budget (27,9 millions), comme si la pandémie ne l’affectait pas.

Seuls les musées nationaux doivent accuser une baisse de leurs budgets. La cagnotte globale passe de 78 millions à 71,2 millions. Tous les musées subissent ainsi un repli, sauf le Musée des beaux-arts de Montréal, qui a droit à une subtile augmentation. Mais ce n’est pas ce qui a retenu l’attention des oppositions, dont les critiques sont tombées à la pièce plutôt qu’en traçant une perspective générale.

La question de la fête nationale est la seule qui soit revenue comme un leitmotiv. Y a-t-il récupération de la Saint-Jean-Baptiste par la CAQ ? Y aura-t-il un spectacle à Montréal, puisque les fonds le permettent ? Le message du premier ministre au spectacle télévisé doit-il être allongé de 30 secondes, ou est-ce politiquement inéquitable ? Est-ce une atteinte à la liberté d’expression que de souhaiter, comme le veut la ministre Nathalie Roy, voir moins de drapeaux de partis politiques et davantage de fleurdelisés le 24 juin ?

Parmi les autres sujets discussions ont émergé le sort de la bibliothèque Saint-Sulpice, par exemple ; et celui des archives des Sulpiciens ; des demandes de précisions sur le démarchage auprès de Netflix pour exiger davantage de contenus québécois. Les demandes de détails sur l’avancée de la révision de la Loi sur le statut de l’artiste ont été le deuxième refrain commun.

La ministre Roy n’a pas voulu s’avancer, comme Catherine Dorion, de Québec solidaire, le souhaitait, à dire que la révision de la Loi sur le statut de l’artiste pourrait être déposée en octobre prochain. L’exercice s’étire : une partie du retard peut s’expliquer par le contexte pandémique. Est-ce que Québec ne gagnerait toutefois pas à préciser l’échéancier souhaité ?

D’autres questions de patrimoine bâti et archivistique, de tournages cinématographiques en région ou concernant la situation des prochaines Maisons bleues, ces lieux de diffusion en région, ont aussi été soulevées.

La bibliothèque Saint-Sulpice

La ministre Nathalie Roy a exprimé publiquement son intérêt particulier pour le projet de Maison de la chanson et de la musique de Monique Giroux et Luc Plamondon comme prochaine vocation de la patrimoniale bibliothèque Saint-Sulpice, dans le Quartier latin de Montréal. Pressée par Christine St-Pierre, porte-parole officielle de l’opposition en culture, sur ce dossier, Mme Roy a dit connaître le projet de Maison de la chanson depuis deux ans. « J’ai discuté avec Mme Giroux, qui me faisait me questionner sur la question du Fab Lab [cette bibliothèque technologique pour adolescents, gérée par BAnQ, qui devait habiter Saint-Sulpice]. La chanson, ça touche toutes les générations. » La décision de stopper le Fab Lab est venue « des dépassements de coûts très importants, dans certains secteurs de l’ordre de 225 %. Nous croyons que ce projet avait été mal prévisionné, mal provisionné », indiquait plus tôt la ministre de la Culture.



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