Les festivals malades de la pandémie

Sur l’ensemble de l’année, c’est un peu plus d’un emploi sur trois qui a disparu dans le domaine du spectacle en 2020.
Photo: Sviatlana Lazarenka Getty Images Sur l’ensemble de l’année, c’est un peu plus d’un emploi sur trois qui a disparu dans le domaine du spectacle en 2020.

On s’en doutait avant même d’avoir vu les chiffres : les festivals artistiques et culturels, ces événements de rassemblements de masse, de proximité au coude à coude, de célébrations, sont mis à genoux par la pandémie. De nouveaux indicateurs trimestriels de Statistique Canada mettent maintenant des chiffres sur ces intuitions : l’emploi au sein des festivals et des célébrations, en 2020, a chuté de 42,4 % comparativement à l’an dernier.

C’est la première fois que des statistiques économiques sur les festivals sont disponibles, relève l’Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA). La CAPACOA poursuit ici son travail de surveillance des effets de la crise sur les arts et la culture, par le truchement des statistiques.

Si on savait déjà que « le domaine du spectacle sur scène est celui qui a été le plus durement touché au sein du secteur de la culture », comme le rapporte l’association, les nouvelles données sur le produit intérieur brut (PIB), la production et les emplois « sont bien plus précises que les données [que nous avions] analysées jusqu’à présent, car elles incluent uniquement les activités propres aux arts et à la culture », explique Frédéric Julien, directeur de la recherche et du développement pour la CAPACOA.

« À 286 millions de dollars au dernier trimestre de 2020, le PIB du domaine du spectacle était 62,8 % en deçà du niveau de 2019 (768 millions de dollars, non annualisé ; 3 031 millions sur l’ensemble de l’année) », peut-on lire dans le billet qu’il signe sur le site de la CAPACOA.

Finesse de résultats

« Le domaine a aussi encaissé les pertes les plus lourdes au chapitre de l’emploi », écrit encore M. Julien. Le nombre d’emplois au dernier trimestre de 2020 est passé à 39 086, comparativement à 74 443 en 2019. C’est 47,5 % de moins. Sur l’ensemble de l’année, c’est un peu plus d’un emploi sur trois qui a disparu dans le domaine du spectacle en 2020. « Il s’agit de pertes encore plus importantes que ce qui avait pu être établi avec les données [précédentes issues] de l’Enquête sur la population active. »

Ce qu’il y a à retenir, souligne M. Julien par courriel, c’est qu’en pourcentage, la baisse du PIB est plus importante que celle de l’emploi. « En ce qui concerne l’emploi, les indicateurs nationaux de la culture rapportent des pertes nettement plus importantes pour le secteur du spectacle que ce que nous avions pu calculer avec l’Enquête sur la population active. L’écart s’explique par des regroupements différents. De plus, les indicateurs nationaux de la culture s’appuient sur plusieurs sources de données différentes. C’est ce qui permet d’avoir des résultats très fins. »

Et le sous-domaine des festivals, dans les catégories de Statistique Canada, a perdu davantage d’emplois que celui des arts de la scène. « Au chapitre du PIB, c’est similaire », précise le spécialiste.

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