Le site de Maisonneuve sera protégé

L'ancienne caserne Letourneux devenue le Centre Nutrilait, photographiée en 2011.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L'ancienne caserne Letourneux devenue le Centre Nutrilait, photographiée en 2011.

Québec entend protéger le site patrimonial de Maisonneuve. La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a signé un avis d’intention de classement qui fait en sorte que plusieurs édifices de grande valeur patrimoniale, dont le marché Maisonneuve et l’ancien hôtel de ville de Maisonneuve, ne pourront être altérés.

La mesure de protection annoncée par la ministre mardi vise des immeubles de prestige de l’ancienne ville de Maisonneuve construits dans les années 1910, soit l’édifice du marché public, l’ancien hôtel de ville — devenu la bibliothèque Maisonneuve —, le bain Morgan et l’ex-caserne de pompiers qui abrite aujourd’hui le centre Nutrilait, où s’entraîne le Club de foot Montréal. L’avis d’intention s’étend aussi à l’avenue Morgan et au parc du même nom, de même qu’à deux sculptures fontaines réalisées par Alfred Laliberté.

Pour l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, il s’agit d’une excellente nouvelle. « La décision qui a été prise par la ministre est vraiment exemplaire parce qu’elle crée un ensemble patrimonial qui correspond aux grands bâtiments publics de l’ancienne cité de Maisonneuve », souligne William Gaudry, directeur de l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

On a des préoccupations pour l’ensemble du cadre bâti, d’autant que le quartier a une cicatrice créée par les expropriations de 1973

 

« Par contre, il en manque un, soit la Maison de la culture Maisonneuve, une ancienne caserne de pompiers. »

Cet avis d’intention est le fruit d’une démarche entreprise par deux citoyens du quartier qui avaient réclamé le classement de trois bâtiments prestigieux du quartier, explique-t-il. La Ville de Montréal est propriétaire de l’ensemble des biens visés par le classement, à l’exception du Centre Nutrilait qui est de propriété privée. Concrètement, le classement obligera la Ville à prendre soin de ses bâtiments et à respecter leur caractère patrimonial si elle effectue des rénovations, résume M. Gaudry.

Le REM et le parc Morgan

Des inquiétudes restent chez les citoyens demeurant à proximité de la rue Notre-Dame puisqu’il est prévu que le REM de l’Est circulera au nord de cette artère et pourrait potentiellement traverser la partie sud du parc Morgan, désormais protégé par un avis d’intention de classement.

CDPQ Infra assure que le REM de l’Est n’empiétera pas sur le parc Morgan. « Nous sommes présentement en phase de planification détaillée et nous continuons d’optimiser et de bonifier le projet », a indiqué Virginie Cousineau, porte-parole du REM de l’Est, dans un courriel au Devoir. « Lorsqu’il est question des sites classés et indiqués au registre du patrimoine culturel du Québec et qui sont protégés en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, notre approche est d’éviter tout impact sur le secteur identifié. »

Selon le rôle foncier de la Ville de Montréal, le ministère des Transports est propriétaire de la bande de terrain longeant la rue Notre-Dame. Le site patrimonial de Maisonneuve désigné par le ministère de la Culture inclut non seulement les lots composant le parc Morgan, de propriété municipale, mais également une partie du lot appartenant au ministère des Transports. Il n’a pas été possible, mardi, d’obtenir des précisions sur le périmètre visé.

William Gaudry signale que le processus de classement du site patrimonial de Maisonneuve a été lancé il y a environ deux ans, à une époque où le projet du REM de l’Est n’existait pas. « On a des préoccupations pour l’ensemble du cadre bâti, d’autant que le quartier a une cicatrice créée par les expropriations de 1973 », dit-il.

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