L’Espace Yoop s’installe dans quatre nouvelles villes

Yoop a installé à Montréal un lieu de tournage fixe et tout équipé sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.
Photo: Facebook Yoop Yoop a installé à Montréal un lieu de tournage fixe et tout équipé sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Déjà ancrée à Montréal depuis peu, la plateforme payante de diffusion de spectacles et d’événements en ligne Yoop a annoncé mercredi lors d’une conférence virtuelle qu’elle allait installer des « studios dédiés » dans quatre nouveaux lieux, soit Los Angeles, New York, Nashville et le Royaume-Uni.

L’Espace Yoop — ou Yoop eSpace dans son volet anglophone — est en quelque sorte un mélange entre un studio de télé et une salle de spectacle, où des artistes ou des entreprises peuvent livrer des concerts ou tenir des événements sous un éclairage professionnel, avec un son de qualité et devant de nombreuses caméras.

« On s’en va global ! » s’est exclamé Benoît Fredette, le président d’enovLAB, qui dévelope l’application et qui s’est associé avec le Groupe KO de Louis Morissette. Yoop est en chantier depuis deux ans, mais la pandémie a devancé le lancement de la plateforme payante qui veut s’imposer comme solution de remplacement de haute qualité pour les créateurs.

Avec la crise du coronavirus et l’annulation des concerts — ou leur lente reprise —, les artistes « doivent trouver des solutions, spécifie Fredette. Ils se tournent vers des plateformes, mais elles ne sont pas conçues pour leurs besoins. »

Si Yoop offre aux artistes un « kit mobile » pour qu’ils puissent faire leur spectacle dans un lieu de leur choix, l’application a installé à Montréal un lieu de tournage fixe et tout équipé, en ce moment sis sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. C’est ce genre de montage technique qui sera répliqué à Los Angeles, dans la grande région de New York, à Nashville et dans un lieu au Royaume-Uni qui n’a pas été spécifié. Les événements qui s’y tiennent sont en direct et aussi interactifs. La personne sur scène peut voir sur des écrans le visage des membres du public et peut échanger de vive voix avec eux si bon lui semble.

Grandes ambitions

Lors du lancement international de Yoop, mercredi, Benoît Fredette a annoncé qu’il travaillait « à une collaboration avec le Cirque du Soleil pour du contenu exclusif dans l’Espace Yoop », sans pouvoir donner plus de détails.

La plateforme a donc de grandes ambitions, mais elle en est à ses balbutiements. Le joueur de football Laurent Duvernay-Tardif a récemment inauguré la plateforme avec une conférence, et la chanteuse Alicia Moffet y a tenu le lancement de son premier disque devant quelque 5500 personnes ayant déboursé 20 $ chacun. Des concerts d’Ingrid Saint-Pierre, de Louis-Jean Cormier, de Dominique Fils-Aimé et d’Eli Rose et Sarahmée ont par ailleurs été ajoutés à un calendrier qui prévoit aussi des événements avec Marc Dupré, le coach de l’impact de Montréal, Thierry Henry, et Corneille.

« Pour ce qui est de la profitabilité elle-même, l’avantage d’avoir des centres de production comme à Montréal, c’est que ça permet d’amortir l’ensemble des coûts à travers une série d’artistes », précise M. Fredette, qui ajoute que les créateurs, de leur côté, économisent aussi en frais de déplacement ou en indemnités quotidiennes pour les équipes techniques, par exemple.

Ça peut transformer le modèle de distribution, ça ajoute une couche de monétisation qui peut être bénéfique à l’artiste

 

La « zone de confort » pour le prix d’achat d’un « yoop » — d’un billet, quoi — oscille entre 8 $ et 20 $, estime M. Fredette, ce qui équivaut « à la valeur de la location de biens numériques, comme un film par exemple ». Il n’y a pas de limite pour le nombre de spectateurs, note-t-il, mais un événement pourrait se faire à capacité restreinte, ce qui pourrait influencer la valeur du prix d’entrée. Dans le cas du lancement d’Alicia Moffet, « on parle de 50 % de marge de profit. C’est du jamais vu dans l’industrie ».

Fait à noter, les créateurs restent propriétaires du matériel diffusé et peuvent s’en resservir par la suite. « Ça peut transformer le modèle de distribution, ça ajoute une couche de monétisation qui peut être bénéfique à l’artiste », croit M. Fredette.

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