Le phare Marc Labrèche dans la nuit du confinement

À partir de lundi soir, et jusqu’au 24 avril, Marc Labrèche tiendra compagnie aux auditeurs qui vivent depuis quelques semaines déjà une crise sanitaire devenue économique.
Photo: Yann Coatsaliou Agence France-Presse À partir de lundi soir, et jusqu’au 24 avril, Marc Labrèche tiendra compagnie aux auditeurs qui vivent depuis quelques semaines déjà une crise sanitaire devenue économique.

Porté par « le désir d’accompagner les gens » à travers cette drôle d’époque de pandémie et de confinement, Marc Labrèche prendra le micro d’Ici Première chaque soir de semaine pour le prochain mois. L’émission d’une heure devrait bien porter son titre : Marc Labrèche : un phare dans la nuit.

L’arrivée de Labrèche sur les ondes radio-canadiennes est presque digne de la combustion spontanée. Il y a une semaine, le projet n’existait pas encore, explique le principal intéressé. L’animateur, qui avait terminé sa saison à la barre de Cette année-là à Télé-Québec, avait « la tête complètement dispo ». Et au fil de discussions avec le réalisateur Francis Legault, avec qui il avait travaillé sur l’émission de radio estivale Le plus beau jour de ma vie, en compagnie d’Anne Dorval, l’idée de s’installer dans un studio de la grande tour a rapidement fait son chemin.

À partir de lundi soir, et jusqu’au 24 avril, Marc Labrèche tiendra donc compagnie aux auditeurs qui vivent depuis quelques semaines déjà une crise sanitaire devenue économique. La présence de l’homme qu’on a vu à la barre d’émissions comme La fin du monde est à 7 h et de 3600 secondes d’extase apparaît comme un baume du soir sur des jours tendus. « L’idée première est juste bien humblement d’aller à la rencontre des gens, tout simplement, explique Marc Labrèche au bout du fil. C’est gênant à dire, mais c’était vraiment ça, j’avais vraiment le désir d’accompagner les gens là-dedans. De sentir que, je ne sais pas, que je suis dans ma communauté quelque part, à ma petite façon à moi. »

Le concept exact d’Un phare dans la nuit, visiblement, est encore en train de se construire. « Pour l’instant, c’est de la radio de brousse ! dit-il en rigolant. On va construire ça au fur et à mesure que les minutes avancent, que les semaines avancent. » Il apprécie d’ailleurs grandement le fait que cette émission arrive comme un cheveu sur la soupe, sans attentes de patrons, sans attentes de sa part même. À l’inverse des projets personnels habituels, quoi.

L’animateur n’aura pas de chroniqueurs, mais des invités — téléphoniques — pourraient bien sûr se faire entendre durant les émissions. Pourquoi ne pas prendre des nouvelles de sa propre mère ? se demande Labrèche. « Je ne veux pas non plus que ce soit une suite d’appels téléphoniques qui s’enchaînent bêtement les uns aux autres. À travers ça, s’il y a des lectures, des moments musicaux choisis, si je parle à voix haute en jouant à un jeu de société seul, tout ça va me faire du bien et on va y aller aussi comme un trip essai erreur. »

Le communiqué officiel de l’annonce de l’émission dit que « l’animateur se permettra des moments d’introspection, de croissance personnelle, des retours dans le passé grâce aux archives, des pauses musicales, des lectures philosophiques et autres petites bulles de créativité pour vous aider à passer le temps. » Marc Labrèche ne pourra pas s’empêcher de tomber dans l’autodérision, « c’est dans mon tempérament », assure-t-il, « même si je le fais avec empathie. » Le cocasse se frottera sans distanciation à des moments plus touchants. En entrevue il évoque dans la même phrase un micro caché chez Guy Nadon pour savoir s’il lit La peste, de Camus, mais aussi le récit d’adieux touchants dans un hall d’hôpital. Avec l’objectif global « de respirer un peu. »

À noter que pour la semaine qui vient, Un phare dans la nuit repousse d’une heure l’émission Aujourd’hui l’histoire, qui présentera pour la dernière ligne droite de sa saison une série de quatre épisodes sur les femmes.