Les flâneurs


Odile Tremblay

Grand opéra russe à Montréal
Cette très rare occasion de voir à l’Opéra de Montréal Eugène Onéguine de Tchaïkovski adapté du roman de Pouchkine ne se rate pas. Surtout ainsi servi par une distribution de haut vol, à la voix et au jeu. Des duos et des solos éblouissants font vibrer cette histoire d’amour contrariée, et nul besoin d’arias spectaculaires pour apprécier les inflexions vocales et la grâce de l’ensemble. Étienne Dupuis, Nicole Car, Carolyn Sproule et Owen McCausland créent l’envoûtement dans une mise en scène de bonne tenue.


Manon Dumais

Horreur à la française
Lancée sur Netflix le vendredi 13 septembre, la série française Marianne ne sort peut-être pas des sentiers battus, mais elle saura amuser les amateurs de fantastique et d’horreur. Campée en Bretagne, Marianne met en scène une célèbre auteure fantasque et alcoolique qui revient dans son bled natal afin d’affronter l’horrible sorcière qui hante ses cauchemars depuis l’enfance. Un captivant récit de rédemption sur le pouvoir de la création décliné en huit épisodes que l’on dévore pour l’essence gothique, l’atmosphère glaçante et l’effroyable Mireille Herbstmeyer en femme possédée par la sorcière.


Catherine Lalonde

Ne rien faire est un acte
J’avoue : je me suis enfargée dans le mot « mime », laissant l’essai Les chants du mime. En compagnie d’Étienne Decroux (Noroît), de Gabrielle Giasson- Dulude, dormir longtemps sur ma pile « à lire ». S’y tisse pourtant en fins fragments intelligents et sensibles une pensée faite d’échos sur l’importance et les liens entre le silence / le mime / la poésie / Decroux / la révolte potentielle / les vieux métiers / l’individualité / la technique / l’authenticité / la discipline (dans les deux sens du terme) et l’importance du corps dans la naissance de la parole et de l’écriture. Magnifique. Et je l’ai offert trois fois depuis lundi dernier, malgré le « mime » en titre.


Ralph Elawani

L’ombre de Lemmy Caution
Eddie Constantine avait une peau d’asphalte, mais une voix étonnamment loin de la garnotte. Ces deux éléments ont concouru à en faire un attachant personnage de série B, à grand renfort de patronymes monosyllabiques et de répliques au ras des pâquerettes. Mais voilà, une fois passé chez les têtes de Turc du cinéma européen — Godard, Von Trier, Fassbinder, Varda —, le « Sinatra de la Seine » est devenu une légende sérieuse. Out of my Father’s Shadow (Feral House), mémoire publié par sa fille Tanya, est la catharsis de ceux qui vivotaient dans l’ombre de Lemmy Caution : sa famille.