Les flâneurs

Odile Tremblay

La poésie d’un film

Le film québécois événement : Il pleuvait des oiseaux de Louise Archambault, d’après le roman de Jocelyne Saucier. La grâce, la poésie de cette ode à la liberté créent l’éblouissement. L’histoire touchante de ces ermites en plein bois, microcosme du monde, est portée par l’exceptionnel trio d’acteurs Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte et Rémy Girard, mais tout est magnifique ici : des images aux chansons porteuses de sens et de beauté. C’est l’âme sauvage du Québec qui souffle sur cette œuvre et qui nous invite à tous les envols.


Louise-Maude Rioux Soucy

Une pour toutes, toutes pour elle

Les louves de l’Américaine Sarah Delappe dépèce avec une acuité de scalpel le point de bascule entre l’adolescence et l’âge adulte. Traduite avec fougue par Fanny Britt, la pièce, où pulsent autant les mots que les corps, est redoutablement mise en scène par Solène Paré à Espace Go. Celle-ci concentre l’essence de cet âge avide, tranchant et fragile en neuf figures impériales d’une même équipe de soccer. Telle une hydre déchaînée, les joueuses parlent d’une même voix et bougent d’un même geste, pour mieux affirmer tantôt leur unité, tantôt leur unicité. Percutant.


Amélie Gaudreau

Guerre de femmes galantes

La série anglo-américaine Harlots : filles de joie, dont la première saison est disponible sur Tou.tv Extra, mérite le détour. Pour son portrait du Londres galant du milieu du XVIIIe siècle, et plus particulièrement de deux maisons closes dont les patronnes (incarnées superbement par Samantha Morton et Lesley Manville) se livrent une lutte acharnée pour élever ou du moins maintenir leur réputation auprès de la bonne société, pour sa réalisation moderne et surtout pour ses magnifiques personnages de femmes de joie (et de peine) qui transcendent les clichés.


Ralph Elawani

Fuzztival

Technicolor Blood est un groupe formé d’une platée de vétérans de la scène garage montréalaise. Rien à perdre, rien à gagner, rien à prouver. La formation qui rappelle une mouture post-punk de Hawkwind — ou sixties de Chrome (c’est selon) — se produit samedi à la Vitrola, en première partie des « frat rockeurs » londoniens King Salami and the Cumberland Three. Sans doute le haut fait du week-end « Fuzztival » ; une célébration de deux jours des musiques pour troglodytes en bottines Beatles.