Les flâneuses


Odile Tremblay

L’inspiration de Samian
Il y a quelque chose de particulièrement inspirant dans le dernier album de Samian, Le messager, lui qui n’avait pas enregistré depuis cinq ans. Avec le lit de la rivière en guise de flambeau-berceau et des mots de révolte mais aussi d’espoir, le rappeur anishnabe enfourche son militantisme : « Je m’alimente par le vent et je m’éteins par la pluie », entonne-t-il. Et sous sa voix et les sonorités de DJ Horg, les maux de sa société — des dérives climatiques à l’itinérance en passant par la toxicomanie — trouvent écho dans une spiritualité sans dogme. Ses réflexions et sa poésie sont de plus en plus vitales en nos temps agités.


Caroline Montpetit

Art surnaturel

Bien qu’elle ait frôlé l’extinction au XIXe siècle, la culture du peuple haïda est sans doute la plus emblématique de l’art autochtone canadien, avec ses figures surnaturelles ornant les hauts totems de l’Haïda Gwaii, autrefois îles de la Reine-Charlotte, dans l’ouest du pays. Avec son exposition Sding K’awXangs. Haïda, histoires surnaturelles, le Musée McCord présente 100 objets rares de sa collection et des pièces d’artistes contemporains. L’expo nous entraîne dans l’histoire et la mythologie haïda, qui veut que ce peuple soit issu d’êtres surnaturels ayant émergé de l’océan.


Catherine Lalonde

Le plus drôle pire livre de la rentrée

La jeune tyrannosaure Pénélope Rex est très excitée d’entrer à l’école. Mais quel choc quand elle découvre que tous ses camarades sont… des enfants. Les enfants sont délicieux, et Pénélope ne peut résister à l’envie de les manger « un petit peu ». Ce qui fait obstacle (on le comprend !) à son désir de se faire des amis. Hilarant, l’album de Ryan T. Higgins (3 à 6 ans) On ne mange pas ses camarades de classe aborde par la bande l’intimidation et la nécessité de l’empathie. Le livre fera l’objet d’une heure du conte en plein air le 7 septembre à 10 h 30 sur la Promenade Masson, devant la librairie Paulines.


Valérie Duhaime

Les années qui défilent

Si on vous a vendu la minisérie de HBO Years and Years comme une dystopie politique, on vous a caché le meilleur. Il s’agit d’une fresque familiale sur une dizaine d’années racontée à toute vitesse (six épisodes). La famille Lyons, diverse et progressive, affronte les bourrasques d’une joute politique toujours plus agressive, par une boussole morale en déroute et les changements technologiques s’immisçant dans les sphères de sa Grande-Bretagne natale. Rien n’est souligné, tout y arrive progressivement, tout simplement, comme dans la vie. C’est aussi terrifiant que familier.