Les marionnettes envahissent Saguenay

Le spectacle «Ganou-Gàla, la traversée», présenté en ouverture du festival, a été conçu successivement au Mexique, au Mali, en Suisse et au Canada.
Photo: Festival international des arts de la marionnette à Saguenay Le spectacle «Ganou-Gàla, la traversée», présenté en ouverture du festival, a été conçu successivement au Mexique, au Mali, en Suisse et au Canada.

La marionnette est un art vieux comme le monde. Et le monde entier est invité à Saguenay cette semaine pour le célébrer sous toutes ses formes. Le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay, qui célèbre ses 30 ans cette année, lance sa programmation avec un spectacle qui a été conçu successivement au Mexique, au Mali, en Suisse et au Canada.

« Une partie de la création a été faite au Mexique, et une autre au Mali, puis en Suisse et ici. L’équipe de créateurs s’est déplacée dans les quatre pays », raconte Dany Lefrançois, codirecteur artistique du festival. À Saguenay, cinq manipulateurs seront sur scène durant le spectacle. Intitulé Ganou-Gàla, la traversée, celui-ci met en scène différentes histoires : celle de jumeaux enlevés à leur mère, celle d’une fille-papillon et celle de la quête intérieure d’un jeune homme. Dany Lefrançois rappelle que l’art de la marionnette est présent dans toutes les cultures. Et, tout en faisant la part belle à l’art contemporain, le festival fait toujours une place aux pratiques traditionnelles. Cette année, par exemple, le Lufeng Shadow Puppetry, compagnie chinoise spécialisée dans le théâtre d’ombres traditionnelles, présentera Histoires de Chine, un théâtre d’ombres pour tous les âges qui met en scène, par exemple, l’histoire de la poule qui protège ses oeufs, la guerre des coqs ou la grue qui défie la tortue

Vidéo et présence sur scène

En marionnette contemporaine, la tendance est évidemment aux projections vidéographiques qui accompagnent le spectacle, dit Dany Lefrançois. Aussi, les manipulateurs sont de plus en plus présents sur scène, bien visibles du public. « Le corps du manipulateur n’est plus caché aujourd’hui. Au contraire, le corps est impliqué comme élément de la marionnette. Il utilise le langage de la danse ou du cinéma. La marionnette est devenue un art protéiforme, multidisciplinaire. »

Et les spectacles s’adressent maintenant à tous les publics. « On a même un spectacle pour les enfants de six mois », dit M. Lefrançois. « Et il y a une programmation destinée uniquement aux adultes. »

Autre nouveauté cette année, les microspectacles, dont certains ne s’adressent qu’à un spectateur à la fois. Le festival a d’ailleurs ajouté un volet « insolite » à sa programmation, qui sera entre autres intégré dans des espaces commerçants. Le public pourra y participer chez le fleuriste, à la pâtisserie, dans un bar, et même dans le confessionnal de l’église Saint-Dominique. Déjà, en 2017, la biennale s’était associée aux commerçants pour présenter des spectacles dans les vitrines, raconte M. Lefrançois.

Le tout se déroulera dans 20 lieux différents, des arrondissements de Chicoutimi et de Jonquière, à Saguenay, dans la rue et en salle. Et pour l’occasion, la ville reçoit 200 invités de 20 pays.

Expositions

Une partie de la programmation prend la forme d’expositions. C’est le cas notamment d’une expo présentée au musée régional de La Pulperie, qui plonge dans les 48 ans d’existence du Théâtre sans fil. Cette compagnie, une pionnière en la matière, ne donne plus de spectacles, mais a conservé précieusement ses marionnettes géantes, qui seront exposées. Il n’est d’ailleurs pas exclu que cette exposition parte ensuite en tournée, dit Dany Lefrançois.

Le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay a été fondé il y a 30 ans par un marionnettiste de la région, Richard Bouchard, qui s’est inspiré d’un festival qui se tenait dans la petite bourgade de Charleville-Mézières, en France.

Le festival de Saguenay s’est rapidement taillé une place enviable au Canada dans le domaine. La ville fait notamment partie de l’Association des villes amies de la marionnette, dont les dirigeants se regroupent régulièrement pour penser de nouveaux événements.