Une virée éducative à Lachine

L’activité «Contes et pique-nique» se déroulera à l’ombre de beaux arbres face au lac Saint-Louis, sur le site patrimonial Le Ber-Le Moyne.
Photo: Hélène Clément L’activité «Contes et pique-nique» se déroulera à l’ombre de beaux arbres face au lac Saint-Louis, sur le site patrimonial Le Ber-Le Moyne.

En lien avec l’exposition Le coeur à l’ouvrage, qui porte sur les savoir-faire et les métiers exercés par les Soeurs de Sainte-Anne, le Musée de Lachine convie samedi midi les enfants de quatre ans et plus à une formule « Contes et pique-nique ». Chasse-goupille, trusquin et maillet n’auront plus de secrets. Dîner et couverture sont de mise !

Avec quel outil travaille le cordonnier ? D’où vient le mot « menuisier » ? En quoi consiste le métier d’ébéniste ? Qu’est-ce qu’une égoïne, un vilebrequin, une équerre… ?

Destinée aux jeunes enfants et à leurs parents, l’activité de samedi vise à présenter les métiers et les outils de l’artisanat par des livres documentaires, des livres d’images et des contes et récits captivants inspirés par l’histoire de la Maison Le Ber-Le Moyne.

Parmi les livres choisis par Sueanne O’Hanley, bibliothécaire aux bibliothèques Saul Bellow et Saint-Pierre, dans Lachine, citons Les métiers de l’artisanat en images, de Mélanie Mettra et Mélye Lychee, Dans l’atelier de pépère, de Maurice Pommier, Les verriers de Noël, de Fabian Grégoire, Le commerçant de fourrure (Les premiers Canadiens), Le chat botté de rouge, d’Ayano Imai, et Colonial Crafts, de Bobbie Kalman.

Photo: Hélène Clément Les jeunes pourront s’initier au tricotin en participant à la réalisation d’une méga-cordelette communautaire.

« Je souhaite, par ces livres joliment imagés, éveiller la curiosité des enfants face aux métiers de l’artisanat, explique Sueanne O’Hanley. J’aurai aussi avec moi quelques outils et objets dont certains seront liés aux voyages et à la traite de fourrure. »

L’activité « Contes et pique-nique », d’une durée d’environ 45 minutes, se déroulera à l’ombre de beaux arbres face au lac Saint-Louis, sur le site patrimonial Le Ber-Le Moyne, qui comprend la Maison Le Ber-Le Moyne, la dépendance ainsi que le pavillon Benoit-Verdickt, sur un terrain qui fut jadis une pisciculture. Bâti par le gouvernement du Québec dans les années 1950 pour abriter un laboratoire lié à l’élevage des poissons, ce pavillon loge à présent les salles d’expositions temporaires d’art et d’histoire du musée.

Expositions et ateliers de création

Après « Contes et pique-nique », les familles pourront découvrir quelques métiers anciens à la Maison Le Ber-Le Moyne, qui consacre une exposition à son histoire. Quelque 400 objets et documents retracent les différentes périodes d’occupation, allant du commerce de la fourrure à l’époque amérindienne, puis à l’époque française et britannique.

Parmi les outils de jadis qui piqueront l’intérêt des petits curieux, entre autres, un van en bois, un instrument utilisé pour nettoyer le grain, une pelle à blé, un balai fabriqué à partir d’un tronc de cèdre, un batte-feu, des fourneaux de pipe, des aiguilles à couture…

On imagine bien ici l’ambiance qui régnait lorsque Jacques Le Ber et Charles Le Moyne, deux hommes d’affaires prospères et influents, firent construire, entre 1669 et 1671, la maison en pierre pour le commerce de la fourrure. Les deux hommes avaient compris que les redoutables rapides de Lachine, à 6 km en amont, avaient fait de l’endroit un arrêt obligatoire entre Ville-Marie et les pays d’en haut. On chargeait ici les canots en partance pour les Grands Lacs et y déchargeait ceux qui en revenaient remplis de fourrures. Ces dernières étaient acheminées jusqu’à Ville-Marie par les chemins de terre.

Photo: Hélène Clément Sueanne O’Hanley, bibliothécaire aux bibliothèques Saul Bellow et Saint-Pierre, dans Lachine, a choisi des livres captivants pour l’activité Contes et pique-nique.

Il y aura aussi dans l’après-midi, au pavillon Benoit-Verdickt, des ateliers de création liés à l’exposition en cours Le coeur à l’ouvrage, qui porte sur les métiers exercés par les Soeurs de Sainte-Anne, dont l’imprimerie, les soins de santé, le travail du textile et les travaux d’aiguille. Au programme : impression et tricot.

Une centaine d’objets parmi les quelque 900 légués au musée en 2017 par les Soeurs de Sainte-Anne sont mis en scène ici, permettant de découvrir les changements qui ont marqué la pratique de la couture, de l’infirmerie et de l’imprimerie au XXe siècle.

Le cabinet de typographie, constitué de huit tiroirs contenant des caractères typographiques de différentes tailles, témoigne de ce qu’était la vie d’un typographe avant Microsoft Word. Entre 1902 et 1926, la composition se faisait uniquement à la main.

Un volet interactif permettra aux enfants d’écouter leur coeur à l’aide d’un stéthoscope, de se mesurer, de se peser, d’écrire des mots avec des lettres aimantées et de s’initier au tricotin en participant à la réalisation d’une mégacordelette communautaire.

Une fois les neurones bien titillés et sous le charme de ce beau site, les familles pourront revenir dimanche de 13 h à 16 h pour l’activité estivale « Cent fois sur le métier », animée par des artisans passionnés des métiers et des savoir-faire anciens. La journée sera spécifiquement consacrée à la reliure et à la calligraphie ancienne. Et tout est gratuit !

Enfin, pour faire un pied de nez à la circulation, souvent chaotique dans la région montréalaise, il faut savoir que la piste cyclable du canal de Lachine, entre le Vieux-Port et le lac Saint-Louis, et qui poursuit son chemin à travers le parc René-Lévesque, le site du Musée plein air de Lachine et sa cinquantaine de sculptures monumentales réparties sur 4 km sur les rives du lac Saint-Louis et le long du canal de Lachine, que cette piste cyclable, donc, passe à proximité du site Le Ber-Le Moyne.

Jacques Le Ber et Charles Le Moyne

Jacques Le Ber a été l’un des plus riches marchands de Ville-Marie au XVIIe siècle, est-il indiqué dans le Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. L’homme d’affaires, né vers 1633 dans le diocèse de Rouen, en France, a épousé Jeanne Le Moyne en 1658. Jeanne était la soeur de Charles Le Moyne, également né en France, en 1626, plus spécifiquement à Dieppe, en Normandie. Ce dernier est arrivé au Canada en 1641, à l’âge de 15 ans. Soldat, interprète, procureur général et marchand, il est devenu l’un des plus importants propriétaires fonciers de la Nouvelle-France. Partenaires de travail, les deux beaux-frères font construire la Maison Le Ber-Le Moyne entre 1669 et 1671. Le bâtiment devient le premier poste de traite de Lachine. Les deux hommes n’ont jamais habité cette maison de pierres, considérée aujourd’hui comme étant le plus ancien bâtiment complet de l’île de Montréal. Ils l’utilisaient comme lieu de travail pour eux et leurs employés. La maison Le Ber-Le Moyne aurait été utilisée comme poste de traite uniquement durant les dix premières années de son existence. Après avoir été convertie en maison de ferme puis en résidence bourgeoise, elle est devenue le bâtiment central du Musée de Lachine en 1948.

Contes et pique-nique

Au Musée de Lachine, le samedi 20 juillet à midi