L'art pour créer des liens

Martine Letarte Collaboration spéciale
De jeunes créateurs du livre audio et Ariane DesLions, artiste et coordonnatrice de ce projet de médiation culturelle réalisé dans le quartier Ascot, à Sherbrooke
Photo: Ville de Sherbrooke De jeunes créateurs du livre audio et Ariane DesLions, artiste et coordonnatrice de ce projet de médiation culturelle réalisé dans le quartier Ascot, à Sherbrooke

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les initiatives de médiation culturelle sont souvent dues à des organismes communautaires. Mais à Sherbrooke, la Ville a pris les devants.

Un livre audio réalisé par les enfants d’Ascot, à Sherbrooke, inspiré de la vie de ce quartier multiculturel utilisé maintenant pour mieux accueillir les familles immigrantes sur le territoire. Un concert donné par des gens atteints de déficience intellectuelle dans l’arrondissement de Fleurimont. Ce sont deux exemples de projets qui ont émergé de l’initiative de médiation culturelle VitaCité de la Ville de Sherbrooke.

« Les centres culturels proposaient de réaliser chacun sur leur territoire un projet de nature culturelle avec une partie de leur communauté qui a moins accès à la culture », explique Ann-Janick Lépine, agente professionnelle à la division de la culture de la Ville de Sherbrooke.

Pour y arriver, la Ville a travaillé avec Cultures du cœur. Cet organisme voué à la médiation culturelle est allé à la rencontre de différents groupes communautaires locaux — maison des jeunes, cercle de fermières, organisme visant l’autonomie alimentaire, etc. — pour trouver des participants.

« Tous les projets ont été réalisés avec l’appui d’un artiste professionnel expert dans la discipline, pour encadrer l’initiative et réaliser quelque chose qui a du sens », précise Ann- Janick Lépine.

Les projets ont eu lieu en 2017, mais avec une flexibilité dans l’échéancier.

« Il n’y avait pas de synchronicité dans les projets, parce que pour Cultures du cœur, le processus est aussi important que la finalité, explique Mme Lépine. Pour certains participants, il fallait prendre plus de temps. C’était très important de respecter leur rythme. »

VitaCité a aussi permis de mieux faire connaître les centres culturels sur leur territoire et le concept de médiation culturelle, encore assez nouveau.

Les participants au colloque Les Arts et la ville pourront d’ailleurs voir une vidéo de synthèse de cette première édition de VitaCité, dont le bilan a été réalisé en 2018.

Création d’un réseau

La division de la culture de la Ville de Sherbrooke a mis sur pied VitaCité, notamment pour permettre à ses différents centres culturels de créer des liens, alors que, depuis 2015, ils ont été ramenés sous l’égide d’un même répondant.

« Il y avait un désir de permettre aux directeurs de ces centres d’échanger, de partager leur savoir-faire et leurs meilleures pratiques, explique Ann-Janick Lépine. Notamment, en vue de mieux connaître et d’attirer leur clientèle de proximité. Ils voulaient montrer qu’ils n’étaient pas que des lieux d’exposition, mais aussi des lieux d’accueil, d’animation destinés à la communauté et d’intégration. »

En même temps, la Ville renouvelait son entente triennale avec le ministère de la Culture à Québec. Des fonds étaient donc disponibles. Chaque centre a ainsi reçu la même somme pour réaliser un projet qui devait répondre à plusieurs critères en lien avec la médiation culturelle.

Une deuxième édition de VitaCité est en préparation. Cette fois, les centres culturels travailleront sur le thème commun « 6e sens », et une œuvre synthèse sera réalisée à partir des éléments communs des différents projets. Cette œuvre d’art public sera installée dans un bâtiment de la Ville.

De plus, un réseau des centres culturels d’arrondissement est maintenant en train d’être mis en place.

« Ils pourront ainsi mieux travailler ensemble, précise Mme Lépine, et partager leur savoir-faire dans différentes initiatives. »