Après l’expansion, l’optimisation chez Evenko

Jacques Aubé a rappelé lors du dîner organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) que la compagnie a entre autres acheté en 2013 Spectra et ses festivals — dont les Francos et le Festival international de jazz de Montréal.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Jacques Aubé a rappelé lors du dîner organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) que la compagnie a entre autres acheté en 2013 Spectra et ses festivals — dont les Francos et le Festival international de jazz de Montréal.

Le producteur culturel montréalais Evenko et sa maison mère, le Groupe CH, ont pris beaucoup d’expansion depuis quelques années, et l’heure est à l’« optimisation », a dit un des dirigeants de l’entreprise, Jacques Aubé.

M. Aubé, qui est vice-président principal du Groupe CH et chef de l’exploitation d’Evenko, a rappelé lors d’un dîner organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) que la compagnie a entre autres acheté en 2013 Spectra et ses festivals — dont les Francos et le Festival international de jazz de Montréal —, qu’elle a investi récemment avec Bell dans Juste pour rire, en plus de s’occuper de la Place Bell à Laval et de l’Étoile Banque Nationale à Brossard.

Le navire, croit-il, a maintenant « une mission d’optimisation. Je n’aime pas le mot, ça sonne trop financier, mais [il faut] mener ces produits-là à la même réussite [que celle qu’on] a réussi à avoir avec le Centre Bell. On a encore beaucoup de travail ».

Si Jacques Aubé dit qu’il veut « continuer à pousser la machine » et être ouvert aux bons projets, il estime que le groupe « s’est éparpillé », et qu’il faut l’amener « à un autre niveau ».

Celui qui fête cette année ses quinze ans chez Evenko donne l’exemple du défi de la Place Bell à Laval, une salle de 10 000 places où joue entre autres le club-école du Canadien de Montréal, le Rocket. « On ne l’a pas sous-estimé, mais quasi. On pense que ça roule, oui, on a de beaux succès, mais il faut porter plus attention à ça. On y a quand même fait 50 shows l’an passé, mais il faut amener ça ailleurs. »

Evenko, Spectra et Juste pour rire sont « des sociétés soeurs », précise Jacques Aubé. « Les responsabilités sont assez claires et nettes » entre les trois, mais il croit que « les équipes vont quand même participer, nos expertises doivent être mises au service de tous les groupes, c’est clair ».

M. Aubé a toutefois refusé de commenter le dossier du récent appel à l’aide de festivals, dont ceux de Spectra, qui disent voir baisser leurs revenus, entre autres en raison de l’apparition de plusieurs restaurants et bars dans le Quartier des spectacles, où les festivaliers dépensent des sous plutôt que sur le site même des événements.

Faire rayonner Montréal

Dans son allocution et en entrevue avec les médias, Jacques Aubé a toutefois souligné l’importance d’Evenko pour la ville de Montréal.

« On est connu pour les shows de U2 ou de Madonna, mais ce qu’on amène à la ville n’est pas vraiment connu », estime-t-il. M. Aubé souligne que désormais, peu de tournées internationales « passent au-dessus de Montréal », et qu’Evenko produit environ 500 concerts d’artistes québécois sur les 1600 organisés annuellement.

La culture est aussi un vecteur économique, selon Jacques Aubé. « Au Corona [propriété d’Evenko], il y a un écosystème qui s’est créé autour, il y a le Joe Beef, des restos, des bars. Au Centre Bell aussi, on déclenche quelque chose avec les shows et les matchs de hockey. […] C’est nous, indirectement, qui créons ça. Pas seulement nous, mais souvent nous. »


Osheaga de retour au parc Jean-Drapeau

La prochaine édition du festival Osheaga, organisé par Evenko, sera de retour au parc Jean-Drapeau, a rappelé Jacques Aubé. Le site était en rénovation lors des deux derniers étés et fera place à un amphithéâtre de 65 000 places.

« Le site va être livré au printemps, dit M. Aubé. J’ai confiance en l’échéancier ». Ce sera une édition de transition, ajoute-t-il, car le festival devra « apprendre comment vivre » sur le site, trouver le meilleur emplacement pour les scènes et les concessions alimentaires, par exemple.

« Mais juste qu’à combien de personnes on va se rendre ? On va le faire de façon intelligente et graduelle. Je ne veux pas dire qu’on va faire 65 000, on va travailler avec ce qui va se passer sur place, pour offrir aux gens une belle expérience. »