Montréal s’inquiète aussi de l’effet Royalmount sur les salles

«Si un dollar est investi au Royalmount, ce sont deux dollars qui risquent d’être perdus dans les pôles culturels qu’on a développés» ailleurs à Montréal, a soutenu mercredi Robert Beaudry.
Illustration: Carbonleo «Si un dollar est investi au Royalmount, ce sont deux dollars qui risquent d’être perdus dans les pôles culturels qu’on a développés» ailleurs à Montréal, a soutenu mercredi Robert Beaudry.

Il n’y a pas que le Partenariat du Quartier des spectacles (PQS) qui s’inquiète des impacts culturels du projet Royalmount et de ses deux salles totalisant 4500 places : la Ville de Montréal craint elle aussi l’arrivée possible de ce nouveau joueur, qui pourrait nuire aux pôles culturels de la métropole.

« Si un dollar est investi au Royalmount, ce sont deux dollars qui risquent d’être perdus dans les pôles culturels qu’on a développés » ailleurs à Montréal, a soutenu mercredi Robert Beaudry, responsable du développement économique au sein de l’administration Plante.

Sa collègue responsable de la culture, Christine Gosselin, abonde dans le même sens. « Au-delà de la vitalité économique, les salles ont une présence parfois patrimoniale dans leur quartier, elles sont là depuis longtemps… On ne peut les remplacer par quelque chose [d’autre]. »

 
70 millions
C’est le montant des retombées engendrées par les spectacles présentés au Quartier des Spectacles de septembre à décembre 2017.

Or, le projet Royalmount pourrait selon elle avoir cet impact en attirant au croisement des autoroutes 15 et 40 une clientèle qui fréquente actuellement les salles du Quartier des spectacles (QdS). « Fragiliser ces salles constituerait une perte », a indiqué Mme Gosselin.

Retombées

Les deux élus participaient à une conférence de presse portant sur les retombées commerciales des salles de spectacles du QdS (de même que du Cinéma Beaubien et du Théâtre Corona). La firme KPMG et la maison de sondage CROP ont contribué à établir qu’entre septembre et décembre 2017, les spectacles présentés au QdS ont engendré des retombés d’un peu plus de 70 millions.

La vente des billets représente 47 % de cette somme. Le reste constitue des retombées indirectes : dépenses en salle (7 %), dans les environs des salles (37 %) ou ailleurs à Montréal (9 %). On calcule que chaque spectateur durant cette période (614 000) aura dépensé 115 $ pour l’ensemble de sa sortie culturelle.

Au Cinéma Beaubien, les retombées totales se chiffrent à 2,1 millions, dont 900 000 $ en salle et 1,1 million dans les environs du cinéma. Les données sont semblables pour le Théâtre Corona, dans le Sud-Ouest.

Certains chiffrent viennent des données d’achalandage réelles des exploitants de salle. Les données sur les dépenses proviennent pour leur part d’un sondage effectué auprès de 3700 personnes ayant assisté à une représentation durant la période visée.

En décembre, le président du C.A. du PQS avait dénoncé le projet Royalmount, y voyant une « menace de cannibalisation d’un marché qui est limité ».