Des décorations qui racontent les traditions de Noël

Sur lequel des cinq foyers du Château accrocher son bas? Celui qui raconte l’origine de la bûche de Noël et des cartes de vœux? Du «Minuit, chrétiens» et du sapin de Noël? Du père Noël et des rois?
Photo: Michel Pinault / Château Ramezay Musée et site historique de Montréal Sur lequel des cinq foyers du Château accrocher son bas? Celui qui raconte l’origine de la bûche de Noël et des cartes de vœux? Du «Minuit, chrétiens» et du sapin de Noël? Du père Noël et des rois?

Au Château Ramezay, cinq cheminées richement décorées pour les Fêtes racontent les traditions de Noël jusqu’au 6 janvier. Sapinages, étoiles, flocons de neige, cartes de voeux, figurines de père Noël, angelots… embellissent les manteaux de ces âtres témoins d’événements marquants du passé. On peut même accrocher à l’un ou l’autre de ces foyers un bas de Noël. Qui sait ce que le père Noël y déposera ?

Le Château Ramezay prend des airs de fête. Sapins et couronnes agrémentent les salles du manoir et cinq cheminées ont été habillées de manière à rappeler les coutumes reliées à cette période de l’année.

« Comme il y a des foyers dans chacune des pièces du Château, ils sont devenus au fil des ans le prétexte pour parler des traditions de Noël, explique Louise Brazeau, du Château Ramezay. Chaque salle en présente deux. »

Construit en 1705 pour Claude de Ramezay, gouverneur de Montréal, le manoir en pierre grise pourvu de lucarnes, de volets rouges et d’une tourelle raconte dans sa dizaine de pièces en enfilade du rez-de-chaussée toute une histoire.

Entre autres l’époque de la Nouvelle-France et de l’occupation de la maison par la Compagnie des Indes, après la mort de Claude de Ramezay, en 1724.

Lors du parcours multimédia, on apprend qu’à la suite du traité de Paris, la Compagnie des Indes liquidera ses biens et le bâtiment servira tour à tour de quartier général militaire, de palais de justice et d’école de médecine.

Et que la bâtisse — la première classée monument historique par le gouvernement du Québec en 1929 — deviendra en 1895 un musée, une galerie nationale de portraits et une bibliothèque publique.

Accroche ton bas !

C’est fou comme on se sent chez soi dans cette maison d’époque. Qu’en est-il lorsque s’ajoute dans l’air l’odeur du pain qui cuit dans le foyer de la cuisine du sous-sol ? Et durant les fins de semaine de décembre, tout le monde peut mettre la main à la pâte.

« Le levain est prêt pour recevoir les visiteurs, confie Louise Brazeau. Ça fait plus de 40 ans qu’on fait du pain ici. » Cette cuisine a des airs de Nouvelle-France avec son large foyer et son four à pain intégré au mur de refend en pierre.

Dans l’enfilade des pièces du rez-de-chaussée, des bornes audiovisuelles permettent de faire la connaissance d’hommes et de femmes qui ont vécu au Château à partir de 1706. Et on écoute ce qu’ils ont à dire en admirant les âtres.

Hum… Sur lequel de ces cinq foyers accrocher son bas ? Ils sont tous joliment décorés. Celui qui raconte l’origine de la bûche de Noël et des cartes de voeux ? Du Minuit, chrétiens et du sapin de Noël ? Du père Noël et des rois ? Des cadeaux ?

On choisit la cheminée de la salle de Nantes. Un coup de coeur ! Imaginez un peu déballer son bas de Noël dans une pièce où les murs sont ornés d’authentiques lambris ouvragés en acajou et datés de 1725 par le musée.

Ils proviendraient d’un hôtel particulier de la ville de Nantes, en France. Et tous ces objets anciens, lustres, miroirs et portraits historiques sur les murs. Franchement, l’esprit se plaît à vagabonder à travers les siècles.

Vous aussi pouvez accrocher votre bas de Noël sur l’un ou l’autre des cinq manteaux de cheminée décorés du Château. Il suffit d’acheter une chaussette colorée sur place avant le 30 décembre et de venir récupérer vos cadeaux dès le 2 janvier.

Joyeux Noël, la trêve

Une autre exposition au Château invite à explorer la nature humaine en temps de guerre à travers le langage des fleurs, la sculpture de cristal optique et les odeurs.

L’auteure de cette exposition d’art itinérante, l’artiste Viveka Melki, s’est inspirée des fleurs cueillies sur les champs de bataille et dans les prés par le lieutenant-colonel canadien George Stephen Cantlie.

Fleurs que l’homme faisait sécher dans un livre et qu’il envoyait quotidiennement, accompagnées d’une lettre, chez lui à Montréal, à Celia, sa petite fille d’un an, pour qu’elle ne l’oublie pas au cas où il ne survivrait pas à la guerre.

L’exposition comprend dix stations représentant autant de convictions fondamentales de son auteure sur la nature de la guerre. Chaque station présente une fleur différente cueillie par Cantlie et s’appuie sur ses lettres de guerre, exposées publiquement pour la première fois. Des artefacts de l’époque de cette grande guerre y sont associés.

« Chaque fleur est associée à une émotion, précise Louise Brazeau. La bruyère à la solitude, la marguerite à l’innocence, la lavande à la dévotion, la rose à la grâce… Une parfumeuse a aussi conçu des senteurs pour illustrer les émotions liées aux fleurs. »

Chaque station présente également le portrait de Canadiens — une dizaine, dont deux femmes — de l’époque de la guerre de 1914-1918, à travers leur histoire personnelle. Des hommes et des femmes qui possédaient de profondes racines à Montréal.

L’exposition, présentée jusqu’au 31 mars 2019, rend hommage aux 68 000 soldats canadiens morts au combat. Un thème sombre et funèbre, mais atténué par le langage et la beauté des fleurs.

Le Château Ramezay présentera Joyeux Noël, du réalisateur français Christian Carion, le 22 décembre à 15 h 30. Un film qui évoque la fraternisation entre les troupes ennemies dans les tranchées de la Grande Guerre à la veille de Noël.

Une trêve éphémère et clandestine, qui ne sera pas sans lourdes conséquences sur les troupes.