L'acteur et chanteur David Cassidy s'est éteint (1950-2017)

David Cassidy en août 2009
Photo: Dan Steinberg Archives Associated Press David Cassidy en août 2009

Et ça y est. Mort annoncée, mort attendue, mort confirmée. Le foie et les reins qui lâchent, sans compter les années de dégénérescence dues à la démence, c’était trop, coma artificiel ou pas, ça allait arriver, David Cassidy est décédé ce mardi, à l’âge de 67 ans. Entouré par les siens, comme on dit : ses enfants, ses demi-frères (dont Shaun Cassidy, vedette comme lui), ses proches et amis. Et, par réseaux sociaux interposés, veillé jusqu’à la fin par ses millions de fans.

Ces gens qui l’ont pleuré ces derniers jours et le pleurent maintenant, ce sont surtout des femmes de ma génération, quinquagénaires qui l’ont connu et aimé alors qu’elles étaient adolescentes, voire fillettes : pour elles, David Cassidy fut d’abord Keith Partridge, l’aîné de la télévisuelle Partridge Family, jeune homme impossiblement beau, chanteur et guitariste, sans doute l’idole la plus en vue du début des années 1970. La comparaison avec Justin Bieber ne tient même pas la route : c’était autre chose, l’unanimité de l’idolâtrie, à cette époque. Aujourd’hui, on peut très bien passer à côté d’un Bieber ; David Cassidy était incontournable, comme Davy Jones des Monkees avant lui. Du Tiger Beat au Photo-Vedettes, il tapissait les unes… et les murs des chambres.

J’ai trouvé l’an dernier dans une vente de garage la boîte à lunch que l’on déclina de l’émission The Partridge Family, avec le bel autobus multicolore de la famille chantante. J’avais déjà le jeu de société, des livres de poche tirés de l’un ou l’autre des 96 épisodes de la série, parmi des centaines et centaines de produits dérivés, immensément populaires : Cassidy se battit des années durant pour toucher sa part de pactole, et n’obtint que 5000 $ sur les millions récoltés, de quoi faire comprendre un peu les années d’alcoolisme qui lui taxèrent le foie.

Photo: Sylvain Cormier Boîte à lunch de «The Patridge Family»

 

Chanter pour vrai

J’ai aussi plusieurs disques, sur lesquels ce n’est pas toujours la voix de David Cassidy qui sortait de la bouche de David Cassidy : les Partridge, inspirés par les Cowsills, véritable famille musicale, étaient des acteurs, qui mimaient leur performance à la fin de chaque émission. Shirley Jones, qui incarnait sa mère, était en fait la deuxième authentique épouse de son authentique père, le comédien Jack Cassidy : la distance entre la famille fictive et la vraie n’était pas grande. David Cassidy finit par convaincre les producteurs qu’il pouvait chanter et bien chanter, d’un timbre grave assez beau, ce qui lui permit de se mimer lui-même dans l’émission, et de démarrer une carrière en parallèle et à son nom, qu’il poursuivit après la dernière saison de la série, en 1974. I Think I Love You, le seul notable succès de palmarès de la Partridge Family (paru en 1970, durant la première saison), tourne encore dans bien des mémoires.

Cela étant, il était à peu près impossible de se mesurer aux Led Zeppelin, Bowie et compagnie en ces années fastes de l’histoire du rock, et David Cassidy, plutôt talentueux au demeurant (ce dont témoignent les Cherish, Rock Me Baby et Daydreamer de ses albums en solo), traîna Keith Partridge sur son dos pendant le reste de sa vie, même s’il travailla fort à « briser » son image lisse, sage et charmante, allant jusqu’à poser nu pour le magazine Rolling Stone. Le fait est qu’il surnagea dans le show-business comme il put, vaillamment, ici en tête d’affiche de comédie musicale, là en vedette invitée dans divers téléfilms.

Difficile, voire impossible d’échapper à ce vedettariat surdimensionné. Encore ce mardi, à CHCH, une station de télé de Hamilton, en Ontario — que je capte dans mon forfait Bell —, on rediffusait The Partridge Family : plus précisément, l’épisode où Keith tente de récupérer le journal personnel de sa soeur Laurie (Susan Dey). Il y a un autre épisode ce mercredi. À raison de cinq demi-heures par semaine, David Cassidy continue ainsi de vivre dans le présent de la famille Partridge, éternellement beau, souriant et charmant.

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