Grande-Bretagne - Les partenariats entre BP et le milieu culturel créent la controverse

Un débat fait rage en Grande-Bretagne. Pendant que la marée noire se répand au-delà des côtes de la Louisiane, la célèbre galerie Tate Modern soulignait lundi dernier les 20 ans de son partenariat financier avec British Petroleum. Alors que la réputation de la pétrolière se ternit de jour en jour, les institutions culturelles britanniques devraient-elles réévaluer l'apport que cette dernière leur fournit?

Outre la Tate Modern, BP est un commanditaire de longue date du British Museum, de la Royal Opera House et de la National Portrait Gallery de Londres. C'est toutefois l'événement commémoratif au prestigieux musée d'art contemporain qui a révélé au grand jour les liens que la compagnie pétrolière entretient avec le milieu des arts. Un texte publié lundi dans The Guardian, signé par plus de 170 artistes, a ouvert le débat. «De tels partenariats permettent aux pétrolières de masquer la nature destructrice de leurs activités grâce à la légitimité sociale qu'elles acquièrent en s'associant à des institutions culturelles d'envergure», peut-on lire dans la lettre ouverte. La même journée, des militants avaient versé cinq galons de mélasse devant l'entrée du musée, symbole de la marée noire causée par l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon. Les convives de la fête organisée par la galerie avaient jugé le geste «ridicule».

Jonathan Jones, journaliste et critique d'art pour The Guardian, a publié mardi dernier une réponse à la lettre ouverte. Intitulé «La Tate a raison d'accepter l'argent de BP», le texte fait état de la précarité financière des institutions culturelles à la suite des compressions budgétaires annoncées dans les subventions gouvernementales qui leur sont attribuées. «Nos musées s'apprêtent à faire face à une situation difficile. S'ils pouvaient obtenir de l'argent du diable en personne, ils devraient le prendre», conclut-il. Jones souligne que le partenariat n'a jamais influencé la programmation des lieux commandités. Will Gompertz, journaliste culturel à la BBC, a mentionné que BP était un commanditaire peu exigeant dont on ne pouvait refuser l'aide. En entrevue à la radio de la société d'État, l'ancien président du Conseil des arts britannique abondait dans ce sens.

Dans un courriel envoyé à l'agence Bloomberg, les quatre institutions concernées exprimaient d'une seule voix leur reconnaissance envers BP, expliquant que la compagnie contribuait à leur accessibilité. En entrevue avec l'agence de presse, le porte-parole de BP réitérait la pérennité du partenariat de la pétrolière avec le milieu des arts britannique, et ce, malgré la situation à laquelle elle fait face aux États-Unis.

À voir en vidéo