Des musiques du monde à satiété!

Engagement solidaire, énergie explosive, fusions nouvelles: jusqu'à maintenant, les attentes sont comblées pour les amateurs de musiques du monde «cousines du jazz». D'abord la révélation: Son de la Frontera, qui a réussi un retentissant tour de force flamenco avec son chant profond, son clin d'oeil cubain, ses martèlements, frappements ou raclements.

Puis les grandes rencontres. Manu Chao a livré un concert magique avec son redoutable Radio Bemba Sound System, plaquant, dans un geste rassembleur, le mur du son sur la mélodie accrocheuse, propulsant ska hurlant, métal sautillant, reggae roots vitaminé, salsa tribale et inflexions mexicaines ou catalanes, dans l'ordre ou dans le désordre. De son côté, Angélique Kidjo fut égale à elle-même: une femme flamme yin et yang, puissante et subtile. Du latino? Clair-obscur linéaire et apaisant chez Federico Aubele, chant trop adorablement gentillet chez Las Rubias del Norte et textures fort bien fagotées par Intakto, entre cancion et tango. De l'afrobeat? Flamboyant avec Femi Kuti, déjanté avec Antibalas, sale et cru avec The Budos Band, éclaté avec Souljazz Orchestra. Du brésilien? On retient les drôleries de Forro in the Dark et le joyeux bordel de Carlinhos Brown. Restent Ojos de Brujo, lumineux dans leurs emportements flamencas mondiales urbanisées, et Ragleela, enchanteur au son de ses ragas métis au groove calme.

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Collaborateur du Devoir