Katerine au Spectrum - Génial et dingue!

Katerine, à mi-chemin entre le métrosexuel et la star rock des années 80.
Photo: Jacques Grenier Katerine, à mi-chemin entre le métrosexuel et la star rock des années 80.

Il se la joue et le public en redemande. La star Philippe Katerine a livré un spectacle irrésistible hier soir au Spectrum dans le cadre des Francofolies. Le public montréalais l'a porté aux nues, au grand bonheur de ce dandy génial et dingue, qui en retour, jonglait avec quelques expressions typiquement québécoises.

Il faut dire que le chanteur était entouré d'un quatuor en parfaite symbiose avec son sens du jeu et de l'autodérision. Les quatre musiciens — rien de moins que les membres des défunts Littles Rabbits — ont eux aussi adopté la gueule et l'attitude du dandy au charme ravageur, à mi-chemin entre le métrosexuel et la star rock des années 80, avec chemise ajustée, collier, foulard et yeux maquillés. Ils ont même poussé la note jusqu'à exécuter une petite chorégraphie pour 100% VIP. Jouissif!

Avec deux guitares électriques, une basse et une batterie et l'énergie contagieuse d'un chanteur décidément pas comme les autres, l'album à haute dose d'électro Robots après tout s'est métamorphosé en anthologie du rock, avec ce supplément d'âme et de mordant propre au genre.

Le ton était donné dès Êtres humains qui a ouvert le bal, et Excuse-moi qui s'est enchainé tout de go. Mais la musique a véritablement pris possession du corps des spectateurs au moment de Le 20-04-2005, la «très pénible» rencontre avec Marine Le Pen, et de Après moi, où le public joue littéralement les automates. Décidément, ses chansons transfigurent le banal et le dérisoire.

Avec sa petite fleur dans les cheveux et son air d'androgyne joliment pervers, Katerine est arrivé vêtu d'un pantalon vert et d'une chemise rose... et est reparti torse nu bien sûr, dans l'hystérie générale, boa rose autour du cou. Dès Qu'est ce qu'il a dit, ses mimiques de faux naïf viennent pimenter la performance musicale, pour atteindre des sommets dans Louxor Jadore. Il se dandine, se déhanche, gambade avec une inélégance séduisante et prend les poses les plus risibles. Mais surtout, il maîtrise la digression délirante bien dosée et le rythme de la performance.

Presque toutes les pièces du dernier album y sont passées avec un petit détour par quelques chansons de l'album 8ème ciel. Mais ce ne fut pas sans nous faire languir. La très dansante Louxor Jadore est arrivée à la fin de la première heure, suivie du dérangeant Borderline et du savoureux Je vous emmerde. Une spectatrice a eu l'honneur de monter sur scène — n'était-ce pas là la chanteuse des Secrétaires volantes? Le duo était parfait!

Monsieur Katerine aime se faire désirer. Il s'est concocté quatre rappels incluant des «morceaux» inédits comme cette courte pièce hilarante avec des «Ahhh» pour seules paroles. La formation est débarquée déguisée en secte pour Numéros, Mort à la poésie et Poulet No728120. En bout de course, on aurait pas pu mieux demander, les musiciens sont arrivés en pull rose, perruques blondes et sous-vêtements vert lime (oui, oui, comme sur la pochette du disque... mais au masculin!) pour livrer une seconde fois Louxor J'adore. L'euphorie totale!