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    Jean Dion
    11 mars 2017 |Jean Dion | Football | Chroniques

    En cette suave époque de fausses nouvelles et de faits dits alternatifs — ne sachant trop avec quoi ils alternent au juste, je préférerai employer l’expression « Trump-l’oeil » —, il convient de se méfier de tout. De tout, même de ce qui tombe sous le sens, et, comme le disait le sage, si votre maman vous dit qu’elle vous aime, vous feriez bien d’obtenir confirmation auprès de trois sources indépendantes avant de vous sentir gaga dans la région. Aussi, en voyant la tournure de phrases relativement inhabituelle utilisée jeudi par les Browns de Cleveland pour annoncer leurs nouvelles acquisitions, je me suis dit dans mon Ford intérieur que cela ne se pouvait juste pas.

     

    Mais non, tout se peut avec les Browns, y compris trouver des moyens insoupçonnés de présenter un club médiocre de toute éternité. Cette équipe est une ode à l’échec, un vecteur d’insuccès, une illustration à l’encre indélébile qu’il est tout à fait possible que tout soit mal qui finisse mal.

     

    Jeudi, donc, les Browns se sont entendus avec les Texans de Houston, obtenant notamment les services du quart-arrière Brock Osweiler. Quart partant des Texans, il serait exagéré de dire qu’Osweiler a connu une saison 2016 resplendissante, mais il a quand même mené les siens à un championnat de division et à une victoire en matchs éliminatoires. (Malheureusement pour eux, leur route passait ensuite par la Nouvelle-Angleterre, et il y a moins de chances de gagner là-bas que de remporter le gros lot à la loterie sans acheter de billet.) Les Texans voulaient en fait se débarrasser du lourd contrat de quatre ans et 72 millions $US qu’ils avaient consenti à Osweiler un an plus tôt, alors qu’ils étaient de toute évidence en boisson avancée.

     

    Ne croyant pas ce que j’avais lu, je me suis rendu à la bouche du cheval, comme ils disent au Derby du Kentucky. Et le communiqué officiel des Browns mentionne bien ce qui suit.

     

    « Berea, Ohio — Les Browns de Cleveland ont conclu une transaction avec les Texans de Houston qui envoie le choix de repêchage de deuxième tour des Texans en 2018. Cleveland acquiert également le choix de sixième tour de Houston (188e au total) et le quart-arrière Brock Osweiler en retour du choix compensatoire de quatrième tour des Browns (142e au total). »

     

    « “Nous sommes vraiment excités d’acquérir un choix de deuxième tour dans cet échange”, a déclaré le vice-président du secteur football, Sashi Brown. “Les choix de repêchage sont extrêmement importants dans notre approche visant à construire une équipe de football en mesure de remporter le championnat. Nous avons l’intention de créer de la compétition à chaque position dans notre formation et nous avons hâte que Brock se joigne à nous et concoure.”  »

     

    Plusieurs éléments sont ici à considérer.

     

    D’abord, sachons espérer que Brock Osweiler n’a pas un orgueil trop prononcé. Être cédé avec deux choix contre une sélection de quatrième tour, voilà qui en dit un peu sur votre valeur perçue. Et que dire d’être mentionné après les deux choix, à la fin de la phrase, en passant comme ça ?

     

    À l’opposé, il y a matière à s’encourager. Car il nous arrive tous de trouver la vie morne, de nous ennuyer alors qu’il ne se passe à peu près rien, d’être apparemment revenus de tout. Or prenez exemple sur Sashi Brown : lui est « vraiment excité » d’obtenir un choix de deuxième tour ! Ça ne lui en prend pas beaucoup, dirait ma mère-grand, mais quel bel appel à déborder d’enthousiasme ! Pour un joueur dont on ne saura pas avant plus d’un an qui ce sera ! Voyez, il pourrait être morose en songeant qu’il s’appelle Brown et travaille pour les Browns qui portent des uniformes bruns, mais non ! Nous devrions tous arrêter de chiâler à propos de n’importe quoi et prendre les choses du bon côté, même si le bon côté s’adonne presque tout le temps à être celui de l’adversaire des Browns.

     

    La prochaine fois, nous verrons qu’on n’arrête le progrès qu’au prix d’une lutte de tous les instants, et encore, c’est loin d’être garanti. Ainsi, Pizza Hut a distribué en quantité limitée des « Pie Tops », des chaussures de basketball munies d’un bouton qui permet de commander une bonne extra large. Et non, il ne s’agit pas d’un Trump-l’oeil.













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