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    La webdiffusion à défaut de la télévision sportive

    Internet permet de mettre en valeur des disciplines négligées au petit écran

    Alex Harvey célébrant sa victoire aux Championnats du monde de ski de fond à Lahti, en Finlande, dimanche dernier
    Photo: Jonathan Nackstrand Agence France-Presse Alex Harvey célébrant sa victoire aux Championnats du monde de ski de fond à Lahti, en Finlande, dimanche dernier

    Dimanche matin, Pierre Harvey a dû se rendre sur le Web pour voir son fils Alex réaliser l’énorme exploit de remporter l’épreuve de 50 kilomètres style libre aux Championnats du monde de ski de fond présentés en Finlande. Grâce à une certaine gymnastique, il a pu accéder à la diffusion en streaming de la course par la chaîne Eurosport. Cela provenait du Royaume-Uni et était donc en anglais, mais il doit parfois se rabattre sur des descriptions en russe.

     

    « C’est un peu compliqué » d’assister à certaines compétitions, a déclaré l’ancien athlète olympique, skieur et cycliste, dans un entretien au lendemain de l’obtention de la médaille d’or par l’autre Harvey, et, parfois, cela peut être frustrant en raison de la mauvaise qualité de l’image ou de l’irrégularité de la communication. « Il faut être maniaque. »

     

    Le champion de ski acrobatique Jean-Luc Brassard a soulevé en termes peu flatteurs, il y a quelques jours, la question de la faible visibilité de certaines disciplines, largement négligées par les diffuseurs d’ici. Il a alors évoqué un « tiers monde sportif », au moment où Erik Guay connaissait des succès, devenant notamment champion du monde de super-G à Saint-Moritz.

    Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse C'est après la victoire d'Erik Guay à Saint-Moritz, début février (notre photo), que Jean-Luc Brassard a fait sa sortie médiatique. 

    Mais cela semble en train de changer, du moins du côté de Radio-Canada. La société d’État a poursuivi en fin de semaine un calendrier de webdiffusion en direct d’événements sportifs avec la présentation d’épreuves féminines de la Coupe du monde de ski alpin. Au cours des prochaines semaines, plusieurs dizaines d’épreuves seront également offertes sur ici.radio-canada.ca, en ski acrobatique, en surf des neiges, en patinage de vitesse sur courte piste, en ski alpin, en bobsleigh, en patinage artistique et en plongeon.

     

    Et ce n’est pas tout. « Nous sommes présentement en train de travailler sur les sports d’été », explique François Messier, directeur général Production et Sports à Radio-Canada, évoquant les Championnats du monde de la Fédération internationale de natation à Budapest en juillet et ceux d’athlétisme à Londres en août. De plus, comme la grille horaire d’été est plus flexible que celle d’hiver, on pourrait retrouver des blocs de ces compétitions en condensé à la télévision.


    Masse critique ?

     

    Essentiellement, le tout relève d’une question d’argent. « C’est le libre marché. La loi de l’offre et de la demande joue », dit Pierre Harvey. Mais les droits Web coûtent beaucoup moins cher que les droits télévisés, et « le numérique prend de plus en plus de place et est de plus en plus facilement accessible », ajoute François Messier, qui parle d’un « virage » vers la diffusion de rencontres sportives au complet mais aussi « la création de notre propre contenu », comme un reportage sur le retour du cycliste Hugo Barrette sur la piste de Cali, en Colombie, où il avait subi un très grave accident il y a un an et demi.

     

    Les démarches pour obtenir la webdiffusion étaient déjà en cours lorsque Jean-Luc Brassard a fait son intervention publique, indique M. Messier. « Jean-Luc est sorti quelques jours trop vite. Cela dit, il a touché quelque chose. »

    On veut voir les films de Xavier Dolan, pas seulement en entendre parler
    Jean-Luc Brassard, comparant l'offre sportive à l'offre cinématographique


    Et de ce quelque chose, le boss des bosses parle toujours avec ferveur. Dans une entrevue lundi, il est longuement revenu sur la nécessité de donner accès au public à tous les sports, de montrer les efforts déployés par les athlètes, qui ne sont pas actifs qu’une fois tous les quatre ans aux Jeux olympiques, la seule occasion ou presque où on les présente à grande échelle. Il propose une comparaison : « On veut voir les films de Xavier Dolan, pas seulement en entendre parler… »


    « On dit qu’il n’y a pas de masse critique ici, mais ce n’est pas vrai », poursuit-il : si, apparemment, peu de gens s’intéressent aux disciplines autres que le hockey ou le football, c’est qu’ils n’y sont pas, ou pas assez exposés. « En plus, les Jeux olympiques se déroulent souvent dans des conditions loin d’être idéales. Sotchi, Pyeongchang, Pékin, ce ne sont pas des villes de sports d’hiver. Il y a un peu de neige sur le bord, c’est tout. Ce qu’il faut voir, ce sont les skieurs alpins se produire en Suisse et les skieurs de fond en Finlande. Ce qu’a fait Alex Harvey dimanche, c’est tellement gros. Imaginez si le Canadien acquérait un Wayne Gretzky : c’est tout aussi important. »


    Cela étant, il se dit « ravi » de l’initiative radio-canadienne, à laquelle il participera dès cette semaine comme analyste des compétitions de bosses et de sauts à la Coupe du monde de ski acrobatique à Sierra Nevada, en Espagne.













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