Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Tokyo, que du bonheur quatre ans après Rio?

    22 août 2016 | Hiroshi Hiyama - Agence France-Presse à Tokyo | Actualités sportives
    L'architecte japonais derrière la nouvelle mouture du futur stade olympique de Tokyo, Kengo Kuma (à droite sur cette photo).
    Photo: Shizuo Kambayashi Associated Press L'architecte japonais derrière la nouvelle mouture du futur stade olympique de Tokyo, Kengo Kuma (à droite sur cette photo).

    Tokyo, qui accueillera les athlètes en 2020, s’enflamme, oubliant les déconvenues des préparatifs : ses Jeux seront sûrs, fiables, paisibles… loin des péripéties brésiliennes.

     

    La presse japonaise ne s’est pas privée de relever la série de vols et d’agressions qui ont troublé la fête dans une ville renommée pour sa criminalité, les craintes liées au virus Zika, les mauvaises finitions du Village olympique, etc.

     

    « Pas d’accalmie sur le front des vols », commentait ainsi l’Agence de presse Jiji, faisant un décompte des Japonais victimes : neuf au cours de la première semaine.

     

    Les supporteurs présents sur place ont cependant nuancé ce tableau. « Au Japon, les gens pensent que le Brésil est un pays dangereux, mais en réalité, c’est formidable, la nourriture est délicieuse et les habitants chaleureux », confie Kazunori Takeshima, cité vendredi par le quotidien anglophone Japan Times.

     

    Trop courtois pour critiquer les hôtes actuels, les habitants de Tokyo préfèrent vanter les vertus de leur ville. « Elle a tous les atouts et c’est une cité très sûre », clame Toshiyasu Furuya, 45 ans.

     

    Capitale de la troisième économie mondiale, cette bouillonnante mégapole de plus de 35 millions d’habitants garantit — ou presque — des rues sans chapardeurs, des trains à l’heure, une propreté étonnante, sans oublier une hospitalité à toute épreuve (« omotenashi »).

     

    Le Japon peut aussi se targuer de l’absence de grèves et manifestations ainsi que de la rareté des coups d’éclat politiques, une stabilité qui contraste avec le feuilleton à la tête de l’État brésilien.

     

    « Je serais ravie si, en 2020, les visiteurs repartaient de Tokyo en se disant combien ils sont heureux d’avoir découvert le Japon », confie Akiko Sasanuma, 79 ans, qui se met dans l’ambiance en regardant des épreuves de Rio sur un écran géant déployé dans un parc de Tokyo.

     

    Les Japonais ont tous en tête le souvenir des Jeux de 1964, qui avaient marqué le retour de l’archipel dans le concert des nations et soutenu sa reconstruction après la défaite de 1945. Cette fois, nombreux y voient l’occasion d’apporter jeunesse et vigueur à un pays sur le déclin, tant démographique qu’économique.

     

    À quatre ans de l’échéance, le Japon accumule pourtant les revers. Le stade olympique n’est pas encore sorti de terre, après l’abandon du projet initial jugé trop onéreux. La nouvelle architecture d’acier et bois, imaginée par Kengo Kuma, a été pensée sans emplacement pour la flamme olympique. Parmi les autres déboires, les organisateurs ont dû changer de logo, le styliste choisi ayant un passif de plagiats sur des créations antérieures.

     

    Plus grave, la victoire de Tokyo, face à Madrid et Istanbul en septembre 2013, est entachée de soupçons de versements de pots-de-vin sur lesquels enquête la justice française.

     

    Après cette série de scandales, Yuriko Koike — élue fin juillet gouverneur de Tokyo à la suite de la démission de Yoichi Masuzoe, autre coup dur — a annoncé la création d’une commission pour contrôler la préparation des Jeux, et enrayer l’explosion des coûts.

     

    « Alors que le Japon est confronté à une dette publique écrasante représentant environ 245 % du PIB, les JO de 2020 pourraient être un lourd fardeau à supporter si les coûts dérapaient », jugeait Robert Whiting, auteur d’ouvrages sur le Japon, dans une récente tribune (cosignée avec David Roberts, ancien diplomate).

     

    Et puis, le Japon n’est pas à l’abri d’un attentat comme celui, au gaz sarin, qui avait frappé Tokyo le 20 mars 1995, même si les risques sont en temps normal jugés moins élevés qu’en Europe. On ne peut, en outre, nullement exclure l’acte soudain d’un fou qui commettrait une tuerie comme en 2008 dans le quartier électronique d’Akihabara ou, plus récemment, dans un centre pour handicapés de la région.

     

    Bien que préparée aux tremblements de terre, Tokyo vit par ailleurs dans l’angoisse d’un « méga-séisme » sous la capitale, dont le gouvernement lui-même dit qu’il y a 70 % de risques de se produire dans les 30 ans. Même avec un épicentre plus distant, l’agglomération serait affectée.

     

    Petit point météo pour finir : en plein mois d’août, où les typhons s’enchaînent en Asie, les températures dépassent facilement 30 à 35 degrés à l’ombre, avec une humidité supérieure à 80 %. « C’est pour cette raison que les Jeux de 1964 avaient été déplacés au mois d’octobre », rappelle M. Whiting, s’inquiétant des « risques » pour les athlètes.

     













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.