Les Québécois continuent de boire beaucoup de boissons sucrées

Plus on est pauvre, moins scolarisé et en mauvaise santé, plus on consomme de boissons sucrées, selon les données. 
Photo: iStock Plus on est pauvre, moins scolarisé et en mauvaise santé, plus on consomme de boissons sucrées, selon les données. 

Les boissons sucrées sont au menu quotidien de bien des Québécois, malgré les risques qu’elles posent pour la santé. Près de 63 % des jeunes de 15 à 17 ans en consomment de façon régulière, contre 41 % en moyenne de la population générale, révèle une enquête de l’Institut de la statistique du Québec publiée jeudi.

 

Même la Coalition québécoise sur la problématique du poids, qui est à l’avant-plan de la sensibilisation depuis plusieurs années, est surprise de l’ampleur du phénomène. « L’industrie ne cesse d’affirmer que les boissons gazeuses sont en perte de vitesse. Oui, mais l’offre pour d’autres boissons est là et séduit les jeunes », commente sa directrice, Corrine Voyer.

 

De plus en plus de boissons avec un « halo santé », qui contiennent autant, voire plus de sucre qu’un cola régulier, sont mises en marché. « Ça reste du sucre liquide ! » rappelle Mme Voyer. La principale revendication de la Coalition, la taxation des boissons sucrées, est toujours sur la voie de garage. « On a hâte qu’il y ait des actions, on a une belle occasion avec ces données qui confirment l’ampleur du problème, notamment chez les jeunes. Les expériences ailleurs démontrent que la taxation est efficace. »

 

Plus on est pauvre, moins scolarisé et en mauvaise santé, plus on consomme de boissons sucrées. L’étude de l’ISQ montre même que les fumeurs sont plus nombreux à en boire régulièrement (56,5 %) que les non-fumeurs (38 %).

 

Chez les jeunes, les boissons à saveur de fruits sont populaires : 7 jeunes de 15 à 17 ans sur 10 en consomment occasionnellement ou régulièrement. Ils affectionnent aussi les boissons pour sportifs : le tiers d’entre eux en boivent. Les boissons énergisantes, bien que moins populaires, séduisent un jeune de 18 à 24 ans sur cinq.

 

L’étude pourrait même sous-estimer la consommation de boissons sucrées, car elle exclut les jus de fruits purs, le lait aromatisé et les thés et cafés sucrés.


Des effets clairs sur la santé

Les boissons sucrées contribuent à l’augmentation du taux d’obésité. Les études montrent qu’elles ne sont pas étrangères au développement du diabète, des maladies cardiovasculaires et de la carie dentaire. Une étude récente a estimé que les boissons sucrées entraîneront 63 000 décès au Canada d’ici 25 ans. Trouvez l’erreur : une seule canette de boisson gazeuse peut contenir 10 cuillerées à thé de sucre, alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter l’apport journalier à 6 à 12 cuillerées à thé. De nouveaux produits toujours plus sucrés ne cessent de voir le jour. Dernière sensation sur les réseaux sociaux, un Frappuccino « licorne », lancé par une chaîne bien connue, contient dans sa version grand format 59 grammes de sucre, soit… 15 cuillerées à thé.
  • Denis Paquette - Abonné 21 avril 2017 01 h 38

    des rivieres sucrées

    n'est ce pas la drogue des jeunes, avez-vous vu le diamêtre des verres que leur vends les dépanneurs, ils sont suffisants grands pour nourrir toutes les fourmis de mon village , en fait serions une espèce parente des fourmis et des abeilles, mais sans reine-mères pour faire la discipline, va tout ce sucre consommé, est-ce, que nos rivières seraient devenues sucrées,

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 21 avril 2017 08 h 03

    Le fructose fait engraisser

    L’augmentation de la consommation du fructose coïncide avec l’épidémie d’obésité qui frappe présentement l’Occident.

    Pendant des centaines de milliers d’années, l’abondance d’aliments riches en fructose — à l’automne dans l’hémisphère nord — précédait une période de disette, soit l’hiver dans les pays tempérés et la saison sèche dans les pays désertiques. L’abondance du fructose permettait donc au corps de faire des réserves en prévision des temps difficiles à venir.

    Dans l’évolution des espèces, les humains qui ont développé l’aptitude à accumuler des réserves de graisse au signal du fructose ont eu un avantage quant à la suivie par comparaison avec ceux qui ignorait cet avertissement. En d’autres mots, après des millénaires d’évolution, le fructose est devenu un signal biologique : le signal d’engraisser.

    Alors que le glucose est une source d’énergie métabolisée par tout le corps, le fructose est surtout transformé par le foie. Après avoir consommé une source riche en fructose — un verre de jus de fruit, par exemple — le foie reçoit un tsunami de fructose qu’il convertit en gras puisque, contrairement au muscle, il ne peut bruler ce sucre.

    De nos jours, les aliments riches en fructose sont disponibles à l’année longue, donc on engraisse continuellement.

    Les principales sources alimentaires de fructose sont le sucre ordinaire, le miel, les desserts, les fruits, les jus de fruits et les breuvages sucrés.

  • Colette Richard-Hardy - Abonné 21 avril 2017 09 h 16

    le coût

    Les gens ne réalisent pas ce que coûtent ces boissons en argent mais surtout en santé.

    L'eau devrait être la source première pour nous désaltérer car elle est bénéfique à notre corps.

    C'est simple mais efficace et en plus ça n'a pas de prix la santé.