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    Commission Chamberland: le SPVM a surveillé les échanges de courriels de sept journalistes

    18 mai 2017 |Jeanne Corriveau | Médias
    Jacques Chamberland préside la Commission d’enquête sur les sources journalistiques.
    Photo: Commission Chamberland Jacques Chamberland préside la Commission d’enquête sur les sources journalistiques.

    En plus d’obtenir un mandat judiciaire permettant d’écouter des conversations impliquant les journalistes Patrick Lagacé et Vincent Larouche, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a surveillé les échanges par courriels de sept journalistes. Les enquêteurs ont même fait circuler de fausses informations afin de détecter des fuites dans les médias, a indiqué Normand Borduas devant la commission Chamberland mercredi.

     

    L’ex-enquêteur à la division des affaires internes du SPVM poursuivait son témoignage alors que la Commission se penchait sur l’enquête interne visant le policier Fayçal Djelidi.

     

    Alors que l’enquête baptisée Escouade venait de commencer, un événement grave est survenu le 17 décembre 2015 : le vol d’une mallette contenant des informations confidentielles dans le véhicule du grand patron de l’escouade Éclipse, le commandant Patrice Vilceus, pendant un party de bureau.

     

    Trois articles sont alors publiés dans Le Journal de Montréal et La Presse entre le 7 et le 15 janvier 2016 relatant ce vol et la crise interne à l’escouade Éclipse. Qui a alimenté les journalistes ? C’est ce que le SPVM cherche à savoir, car ces informations sont critiques.

     

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    En examinant le registre des appels de Fayçal Djelidi, Normand Borduas a constaté que, entre mai 2015 et janvier 2016, le policier avait eu 85 communications avec le journaliste de La Presse Patrick Lagacé, qui pourtant n’avait pas écrit d’article sur le sujet.

     

    Une nouvelle enquête est alors ouverte, baptisée Espion, dont le but était de trouver les auteurs de fuites d’informations délicates. On soupçonnait un superviseur de l’escouade Éclipse — dont l’identité n’a pas été divulguée devant la Commission. « C’est une chose de constater qu’il y a des contacts avec des journalistes, mais c’en est une autre de voir certaines fuites [dans les journaux] », a souligné M. Borduas.

     

    L’enquêteur a soutenu avoir eu recours à deux occasions à la « méthode de provocation », qui consiste à propager de fausses informations afin de voir si elles seront coulées dans les médias et d’ainsi identifier le policier fautif. Cette méthode a échoué.

     

    Il a aussi demandé et obtenu la liste des courriels échangés entre le SPVM et sept journalistes, soit Félix Séguin, Patrick Lagacé, Daniel Renaud, Vincent Larouche, Andrew McIntosh, Philippe Teisceira-Lessard et Martin Masse, entre le 17 décembre 2015 et le 14 janvier 2016.

     

    Pourquoi tant de journalistes ? « Notre croyance à ce moment-là, c’était que les journalistes pouvaient coopérer entre eux dans la rédaction d’articles », a expliqué Normand Borduas. Finalement, ce ne fut pas utile à l’enquête, a-t-il admis.

     

    L’enquêteur a aussi demandé le registre des appels entrants et sortants du téléphone cellulaire de Patrick Lagacé.

     

    Et comme il avait obtenu l’autorisation de faire de l’écoute électronique sur deux policiers visés par les enquêtes, des conversations impliquant Patrick Lagacé et Vincent Larouche auraient pu être surveillées. « Finalement, ça ne s’est jamais produit », a dit l’enquêteur.

     

    Le témoignage de Normand Borduas se poursuit mercredi après-midi.













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