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    Mort de Guy Blouin: le policier Simon Beaulieu est blanchi

    L’homme était mis en cause dans la mort du cycliste Guy Blouin en 2014

    13 janvier 2018 | Marie-Michèle Sioui à Québec | Justice
    Guy Blouin est mort à l’hôpital, quelques minutes après que le policier l’eut heurté avec son véhicule en marche arrière.
    Photo: Renaud Philippe Le Devoir Guy Blouin est mort à l’hôpital, quelques minutes après que le policier l’eut heurté avec son véhicule en marche arrière.

    Le policier Simon Beaulieu, du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), a été acquitté vendredi des chefs de conduite dangereuse et de négligence criminelle ayant causé la mort du cycliste Guy Blouin, le 3 septembre 2014, dans le quartier Saint-Roch.

     

    Le juge René de la Sablonnière, de la Cour du Québec, a déclaré qu’il ne pouvait pas conclure, « hors de tout doute raisonnable », que le policier s’est comporté de manière dangereuse. La mort de Guy Blouin constitue plutôt un « malheureux et bête accident, qui n’est pas criminel pour autant », a statué le magistrat.

     

    Guy Blouin est mort à l’hôpital, quelques minutes après que le policier Simon Beaulieu l’eut heurté avec son véhicule en marche arrière. Le policier voulait intercepter le cycliste, qu’il soupçonnait d’être responsable de vols de vélos commis plus tôt cette journée-là.

     

    Dans son jugement, le juge de la Sablonnière a écorché le travail de l’expert de la poursuite, le reconstitutionniste de la Sûreté du Québec Yves Brière. « La cueillette de l’information de la poursuite pour fonder son expertise laisse à désirer, pour ne pas dire qu’elle est déficiente », a-t-il écrit. « L’expert de la poursuite est arrivé deux heures après l’événement, tout avait disparu », a-t-il néanmoins relevé, sans le reprocher aux policiers de Québec.

     

    En se défendant de « vouloir faire preuve d’élitisme », le magistrat a souligné qu’Yves Brière « est un technicien » qui a appliqué une « formule simplifiée » pour évaluer la capacité de freinage et la vitesse de l’autopatrouille que conduisait Simon Beaulieu.

     

    Le juge s’est finalement rangé du côté des arguments de la défense, qui avait estimé la vitesse du véhicule de Simon Beaulieu à 22 km/h, et non 44 km/h, comme le prétendait la poursuite. Il a notamment déclaré qu’il n’était pas « en mesure de qualifier d’imprudent et de dangereux le fait de reculer sur une distance de 15 mètres », comme l’a fait le policier, et retenu que la capacité de freinage sur la roue arrière de l’autopatrouille était « grandement réduite ».

     

    Une promotion et de l’indignation

     

    Simon Beaulieu a obtenu le grade de sergent-détective le 14 septembre 2014, dix jours après la mort de Guy Blouin. Il était cependant affecté à des tâches administratives depuis les événements. En dépit de l’enquête en déontologie qui se penchera sur ses agissements, le policier pourra recommencer ses tâches habituelles, a confirmé le SPVQ.

     

    En réaction au jugement, le Service de police a tenu à reexprimer « sa sympathie envers la famille et les proches de la victime ». « Le travail de policier implique de prendre des décisions en fonction d’une situation précise qui peut évoluer rapidement. Les tristes événements de septembre 2014 ont ébranlé autant le corps policier de la Ville de Québec que la communauté », a fait savoir le SPVQ.

     

    L’avocat de Simon Beaulieu — dont les honoraires ont été payés par la Ville de Québec — s’est dit « très heureux » de la décision « fort bien fouillée, motivée et réfléchie » du juge. « Elle confirme ce qu’on a toujours soutenu, dès la première comparution : qu’il s’agissait d’un accident malheureux », a affirmé Maxime Roy.

     

    La poursuite a quant à elle écarté la possibilité d’en appeler de la décision. « On estime que l’appréciation des faits est raisonnable », a déclaré le procureur Michaël Bourget.

     

    Les membres du comité citoyen du 3 septembre, formé après la mort de Guy Blouin, ont exprimé des réactions partagées. « Je pense que, si vous demandez aux citoyens normaux si c’est acceptable qu’un policier ait fait ça, ils vous diront non. Les policiers sont des citoyens comme les autres », a déclaré Stuart Edwards. Jean Fortin a plutôt dit « respecter la décision du juge », non sans déplorer la longueur des procédures judiciaires. « Je pense qu’au point de vue policier, ils ont été conscientisés », a-t-il aussi fait remarquer. « Il y a des choses qui ont changé. Ils vont plus à pied, parler avec le monde. Alors si, au moins, ça a apporté des éléments positifs : excellent », a-t-il déclaré.













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