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    Le terrain du Faubourg Contrecoeur a été vendu à sa juste valeur, dit Zampino

    31 août 2017 |Jeanne Corriveau | Justice
    L’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, est accusé de fraude, de complot et d’abus de confiance.
    Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne L’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, est accusé de fraude, de complot et d’abus de confiance.

    Le terrain du Faubourg Contrecoeur n’a pas été vendu au rabais à Construction F. Catania, a affirmé Frank Zampino mercredi. Poursuivant son témoignage à son procès, l’ex-bras droit de Gérald Tremblay a soutenu que le prix conclu correspondait à la juste valeur marchande du terrain considérant l’engagement de la Ville d’assumer les coûts de décontamination.

     

    « Je suis heureux de pouvoir parler aujourd’hui parce que je n’ai pas pu m’exprimer depuis le dépôt des accusations, il y a cinq ans. J’attendais ce jour », a dit l’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal au juge Yvan Poulin.

     

    Accusé de fraude, de complot et d’abus de confiance dans cette affaire, Frank Zampino a rappelé que le prix de 19,1 millions conclu avec Catania était très proche de la valeur marchande du terrain établie à 20 millions. Comme la Ville s’était engagée à remettre le terrain en état, mais que les travaux de décontamination des sols devaient être réalisés par le promoteur, il fallait soustraire ces coûts de la facture, a-t-il expliqué.

     

    « Il est trompeur de dire qu’un terrain de 19,1 millions a été vendu à 4,4 millions. Si nous [la Ville] avions fait la décontamination nous-mêmes, nous aurions vendu le terrain au prix courant », a-t-il dit. « J’ai souvent lu ces chiffres et ça me fait mal de voir qu’on associe ces deux montants qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. »

     

    Quant au montant de 31 millions évoqué à plusieurs reprises par des médias, il s’agit de la valeur du terrain déterminée après la transaction et il incluait la trame des rues, a tenu à préciser M. Zampino. Cette valeur a été revue à la baisse par la suite, a-t-il dit.

     

    Rappelons que la Ville a cédé le terrain du site Contrecoeur à la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) qui l’a revendu à Catania pour la réalisation d’un projet immobilier de 1800 unités, comportant 60 % de logements sociaux et abordables. Outre les coûts de décontamination du terrain de 11 millions, la Ville a soustrait du prix de vente 3 millions pour des mesures de contrôle vibratoire et 650 000 $ pour l’aménagement d’un talus.

     

    En après-midi, l’avocate de Frank Zampino, Me Isabel Schurman, a questionné son client sur Joseph Farinacci qui a témoigné pour la Couronne en juin dernier. Celui-ci était à la tête de la Direction des stratégies et transactions immobilières de la Ville de Montréal (DSTI) au moment où la Ville s’apprêtait à céder le terrain du site Contrecoeur à la SHDM en 2007.

     

    Joseph Farinacci s’était opposé à la transaction, estimant que les coûts de décontamination établis à 11 millions étaient surévalués et qu’une étude complémentaire était requise avant que la transaction puisse aller de l’avant.

     

    Frank Zampino a indiqué avoir été témoin, lors d’une rencontre en décembre 2006, de la vive animosité qui opposait le fonctionnaire au directeur général de la SHDM, Martial Fillion, à ce sujet : « C’était une bataille de coqs et j’ai eu l’impression d’être là pour tenter d’arbitrer leur querelle. »

     

    Et lors d’une réunion tenue le 14 février 2007, Joseph Farinacci aurait suggéré que le dossier soit retiré des mains de la SHDM pour être confié à son service. « J’étais démoralisé. […] On avait quelqu’un qui ne voulait pas faire cheminer le dossier », a soutenu Frank Zampino.

     

    Le directeur général de la Ville, Claude Léger, a finalement décidé d’aller de l’avant et le dossier a été présenté au conseil municipal en mars 2007. Il a alors été convenu que le prix de vente serait ultérieurement ajusté en fonction des coûts réels de la décontamination.

     

    De son côté, Joseph Farinacci a remis sa démission après que l’administration de Gérald Tremblay eut passé outre son avis.

     

    Le témoignage de Frank Zampino se poursuivra jeudi.

     

    Dans le cadre de ce procès, Frank Zampino, Paolo Catania et quatre employés de Construction F. Catania, soit Martin D’Aoust, Pasquale Fedele, André Fortin et Pascal Patrice, sont accusés d’avoir comploté pour favoriser Construction F. Catania dans la réalisation du projet.













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