Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Cafouillage au MTQ

    Bureaucratie en panne

    Brian Myles
    17 mars 2017 |Brian Myles | Justice | Éditoriaux

    Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est la bureaucratie, pourrait chanter Vigneault. Mon chemin, ce n’est pas un chemin, c’est un scandale blanc !

     

    Comment, mais comment diable les valeureux bureaucrates du ministère des Transports du Québec (MTQ) ont-ils pu abandonner à leur triste sort plus de 300 citoyens coincés pendant plus de 12 heures sur les autoroutes 13 et 520, dans la nuit de mardi à mercredi ?

     

    Ce cafouillage est un affront à un peuple d’hiver. Ce n’est pas comme si les tempêtes en mars étaient des phénomènes surnaturels inexpliqués au Québec ! Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas de ressources au MTQ pour répondre à de telles situations d’urgence hautement prévisibles ! Cette tempête passera à l’histoire pour l’étendue de la bêtise qu’elle a révélée.

     

    Honte au MTQ pour ne pas avoir prévu du personnel supplémentaire et pour avoir omis de suivre la situation avec rigueur durant la nuit. Honte à la Sûreté du Québec (SQ) pour ne pas avoir réalisé que, après 100 appels infructueux au MTQ, une intervention d’urgence était nécessaire pour évacuer les automobilistes. Honte au ministre des Transports, Laurent Lessard, pour avoir été incapable de fournir des explications cohérentes et intelligibles au lendemain de la tempête. Honte à Roxboro Excavation, l’entreprise responsable de déneiger la 13, pour avoir manqué à ses obligations. Cette entreprise, faut-il le rappeler, a déjà plaidé coupable à des accusations de collusion, relativement à l’octroi des contrats de déneigement au MTQ. Et elle est restée dans les bonnes grâces de ce ministère alerte ! Enfin, honte aux camionneurs qui auraient refusé le remorquage de leurs véhicules enlisés sur la 13, un geste entêté qui a entraîné la paralysie de l’autoroute.

     

    Encore une chance que personne ne soit mort au milieu de la 13 ou de la 520. Pour l’heure, la principale victime de ce cafouillage est l’organisation de la sécurité civile.

     

    Les têtes roulent, quoique ce soit un bien grand mot. La sous-ministre responsable de la sécurité civile et de la coordination des mesures d’urgence, Anne-Marie Leclerc, est relevée de ses fonctions. Elle garde son poste et son salaire de sous-ministre. Un officier de la SQ est aussi suspendu. L’ancien sous-ministre aux Transports et à la Sécurité publique, Florent Gagné, fera une enquête externe sur ce gâchis. Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, le SFPQ, a déjà tiré ses propres conclusions. La perte d’expertise, le recours à la sous-traitance et l’absence d’imputabilité au MTQ sont en cause, selon lui.

     

    Imputabilité. C’est l’élément manquant dans cette histoire choquante. Au coeur de la tempête, l’État a offert des services d’urgence dignes d’une république de bananes à ses citoyens. Les excuses ne suffiront pas à dissiper notre sentiment d’amertume.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.