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    Libre opinion

    Le meilleur pour nos enfants à l’école

    13 janvier 2018 | Jocelyn Lauzon - Beaconsfield | Éducation
    Je comprends les parents d’envoyer leurs enfants à l’école privée subventionnée, car on leur fait croire depuis des années que c’est ce qui est le mieux pour eux, déplore l'auteur. 
    Photo: iStock Je comprends les parents d’envoyer leurs enfants à l’école privée subventionnée, car on leur fait croire depuis des années que c’est ce qui est le mieux pour eux, déplore l'auteur. 

    Ayant des enfants à l’école secondaire, j’ai plusieurs fois demandé aux profs de cégep s’il y avait une différence entre les élèves provenant de l’école publique par rapport à ceux qui ont fréquenté l’école privée subventionnée (EPS), en ce qui concerne leur capacité de compréhension et leur bagage pédagogique. La réponse est systématiquement non ! C’est normal, c’est le même programme pédagogique !

     

    Alors, pourquoi payer si cher pour envoyer nos enfants à l’EPS ? Pour le milieu de vie ? Pour que nos enfants ne subissent pas de mauvaises influences ? Pourtant, quand nos enfants se retrouveront sur le marché du travail, ils devront côtoyer tout le monde, pas seulement ceux qui se sont payé un milieu de vie privilégié pendant leurs études. Est-ce un service à leur rendre que de ne pas les exposer à la mixité sociale ? Ne devrions-nous pas faire confiance à nos enfants pour faire les bons choix (avec notre aide) ? Ne faut-il pas favoriser leur ouverture d’esprit plutôt que leur cloisonnement ? Le milieu de l’EPS est-il tant dépourvu de mauvaises influences ? J’en doute. L’influence de l’élitisme est également néfaste.

     

    Je comprends les parents d’envoyer leurs enfants à l’EPS, car on leur fait croire depuis des années que c’est ce qui est le mieux pour eux. Pourtant, mes enfants, qui vont à l’école publique, seront sans doute mieux outillés pour affronter la « vraie vie », ayant côtoyé une plus grande variété de gens, de backgrounds différents. Mes filles auront développé une vraie sensibilité à des personnes ayant un parcours plus difficile qu’elles, et j’en suis ravi. Je considère donc que j’obtiens un meilleur service de l’école publique tout en payant moins cher. Le seul vrai désavantage de l’école publique est la qualité des infrastructures, lesquelles ont un grand besoin de réinvestissements. Si on veut le mieux pour nos enfants, c’est là qu’il faudrait mettre de l’argent.

     

    Corriger le tir

     

    Si on compare l’éducation à l’achat d’une voiture, c’est comme si, pour l’achat du même modèle de voiture, on préférait payer plus cher parce que les vendeurs sont mieux habillés, que les autres acheteurs ont plus de classe et que le local du concessionnaire est mieux aménagé. Est-ce que beaucoup d’entre nous feraient un tel choix ? Ça me semble improbable. Il faut changer le discours ambiant que l’EPS est mieux pour nos enfants, car c’est faux ! Peut-être que certains services spécialisés peuvent être mieux offerts par des écoles privées subventionnées, mais c’est le seul cas qui me semble en défaveur de l’école publique. La pression sociale pour l’EPS est un leurre et il est temps de le dénoncer et de corriger le tir.

     

    Même l’argument économique ne me semble pas viable. On m’a souvent dit qu’il en coûterait plus cher à la société si les élèves allant à l’école privée subventionnée (à environ 60 % de ce qu’obtient l’école publique) se retrouvaient à l’école publique. Dans ce calcul, est-ce qu’on tient compte de l’argent perdu par l’école publique pour compétitionner avec l’EPS pour les mêmes élèves ? Est-ce qu’on tient compte du fait que présentement l’école publique a un plus gros pourcentage d’élèves en difficulté que l’EPS et doit donc supporter davantage de services spéciaux ? Ce qui ne serait pas le cas si la très grande majorité de nos enfants se retrouvaient à l’école publique. Dans un tel cas, l’école publique bénéficierait aussi d’économies d’échelle.

     

    De plus, est-ce qu’on considère dans le calcul l’argent supplémentaire dépensé par les parents des élèves de l’EPS, de l’argent qui pourrait être investi ailleurs pour le bien-être de notre économie ? Est-ce qu’on tient compte du coût de l’élitisme et du possible manque d’ouverture d’esprit sur notre société ? Même s’il y avait une économie à faire avec l’EPS, n’est-il pas insensé pour notre société, notre gouvernement, de profiter de l’extrême sensibilité des parents pour le bien-être de leurs enfants pour leur demander un impôt volontaire en retour d’aucun service ? Les seuls vrais gagnants des EPS sont leurs propriétaires. Nous, les propriétaires des écoles publiques, devons réagir, redonner ses lettres de noblesse à l’école publique et exiger un réinvestissement dans ses infrastructures.













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