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    Le recul du français et la croissance de l’anglais surestimés au Québec

    17 août 2017 | Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa | Actualités en société
    Les bureaux de Statistique Canada, à Ottawa
    Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne Les bureaux de Statistique Canada, à Ottawa

    Les données linguistiques revues et corrigées de Statistique Canada confirment un recul du français au Québec, mais indiquent que le nombre de personnes de la province ayant déclaré l’anglais comme langue maternelle a légèrement fléchi plutôt que d’avoir augmenté.

     

    L’agence fédérale a publié jeudi ses résultats corrigés sur la langue après avoir reconnu vendredi dernier que des erreurs avaient été commises dans la première livraison de résultats.

     

    Cela a eu pour conséquence de surestimer la croissance de l’anglais au Québec et dans certaines de ses régions, tant pour la langue maternelle que pour la langue parlée à la maison, et de surestimer le recul du français.


     

    Pour ce qui est de la langue maternelle, le pourcentage a ainsi fléchi de 9,0 à 8,9 % entre 2011 et 2016 plutôt que de grimper de 9,0 à 9,6 % comme ce qui avait été rapporté dans la livraison initiale des chiffres, le 2 août dernier.

     

    L’erreur dans les données a par ailleurs aussi entraîné une légère surestimation du taux de bilinguisme français-anglais au Québec, et par conséquent, à l’échelle nationale. Celui-ci s’établit ainsi désormais à 17,9 % plutôt que 18,0 %, tel que rapporté.


    Mea culpa
     

    Lors d’une séance d’information technique, jeudi matin, à Ottawa, des fonctionnaires de Statistique Canada y sont allés d’un mea culpa, affirmant que l’erreur n’aurait pas dû échapper à la vigilance de l’agence.

     

    « C’est clair qu’on aurait dû capter cette erreur-là, il n’y a aucun doute là-dessus », a affirmé en entrevue Jean-Pierre Corbeil, responsable du programme de la statistique linguistique chez Statistique Canada.

     

    Il convient que l’erreur dans ces données, qui ont suscité une déferlante de réactions, est d’autant plus embarrassante vue la sensibilité de l’enjeu linguistique au Québec.

     

    « Il est clair que si cette situation-là avait été observée parmi le nombre de couples en union libre, on n’aurait pas eu la même réaction que si on parle de l’évolution de l’anglais ou du français au Québec », a-t-il illustré.

     

    « Nous sommes très conscients de l’aspect très sensible de cette question, de ces enjeux, et Statistique Canada va corriger le tir, simplement », a garanti M. Corbeil.

     

    Les fonctionnaires de l’agence fédérale ont assuré avoir effectué au cours des derniers jours une révision rigoureuse de l’ensemble des processus, et que cet exercice avait permis de constater que l’erreur était limitée à la langue.

     

    L’erreur a été causée par le logiciel utilisé pour compiler les données qui a inversé les réponses sur la langue dans des formulaires en français. Les réponses d’environ 61 000 personnes, dont environ 57 000 au Québec, ont ainsi mal été classifiées.

     

    Elle était passée sous le radar jusqu’à ce que le président de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab, passe les données au peigne fin. Il a levé un drapeau rouge après avoir détecté des incohérences.

     

    Les chiffres indiquaient une forte hausse de la population anglophone à l’extérieur de Montréal, dans des villes à forte majorité francophone, comme Drummondville, Trois-Rivières ou Shawinigan.













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