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    Un camp pour les demandeurs d’asile à Lacolle

    Les militaires montent une centaine de tentes à la demande de l’Agence des services frontaliers

    L’armée a été appelée en renfort par le ministère de la Sécurité publique et l’ASFC pour apporter une aide ponctuelle dans l’hébergement d’urgence à la frontière avec les États-Unis.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’armée a été appelée en renfort par le ministère de la Sécurité publique et l’ASFC pour apporter une aide ponctuelle dans l’hébergement d’urgence à la frontière avec les États-Unis.

    Les Forces armées canadiennes ont érigé mercredi une centaine de tentes dans la zone de Saint-Bernard-de-Lacolle tout près de la frontière avec les États-Unis pour loger des demandeurs d’asile. Les abris de toile accueilleront à partir de jeudi environ 500 personnes qui sont attendent d’être transférées vers des centres d’hébergement temporaire.

     

    Ces dernières semaines, environ 700 personnes se retrouvaient chaque jour à devoir dormir par terre dans les bâtiments des douanes en attendant d’être transférées dans des centres d’hébergement temporaires, avance Patrick Lefort, de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), au Devoir. La situation reste maîtrisée, l’agence ayant déjà « fait face à des situations semblables », dit-il.

     

    La Défense nationale a néanmoins été appelée en renfort par le ministère de la Sécurité publique, dont l’ASFC est tributaire. Cette aide restera ponctuelle. Les soldats déployés mercredi retourneront rapidement à leur base, à l’exception de quelques-uns qui s’occuperont de la maintenance des équipements, a indiqué le major Yves Desbiens. Les tentes seront munies d’éclairage, de chauffage et d’un plancher rigide. L’installation de lits et d’équipements pour l’hygiène et l’alimentation relève quant à elle de l’ASFC.

     

    Jusqu’à présent, le gouvernement du Québec a indiqué que 6505 demandes d’asile ont été déposées entre janvier et fin juin 2017, dont 3350 par des personnes interceptées à la frontière par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). En juillet seulement, près de 3200 demandes d’asile se sont ajoutées, dont au moins 2800 personnes qui ont franchi la frontière de manière irrégulière sur le chemin Roxham.

     

    Engorgement

     

    L’afflux de migrants a continué à s’accélérer cette fin de semaine, a confirmé M. Lefort : « C’est une moyenne de 200 personnes qui arrivent actuellement tous les jours. »

     

    Les locaux de l’Agence n’étant pas prévus à cet effet, les demandeurs sont hébergés jusqu’à maintenant dans « des situations de confort minimal », admet-il. Il n’y a pas de douche disponible ni de lits dans des endroits où les demandeurs peuvent passer deux ou trois jours.

     

    Jean-Pierre Fortin, président du Syndicat des douanes et de l’immigration, avance plutôt que ce sont en moyenne 400 personnes qui franchissent la frontière depuis le 1er août. « On n’est plus capable de prendre le dessus avec les ressources actuelles », dit M. Fortin.

     

    Un nouveau site, l’ancien hôpital Royal-Victoria, a été ouvert mercredi ; entre 300 et 320 personnes pourront s’y loger.

     

    Les autres sites, dont le Stade olympique et un édifice des Soeurs de la providence, ne seraient « pas tout à fait pleins », a indiqué Francine Dupuis, au nom du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA).

     

    Ce sont 2620 personnes qui sont hébergées dans plusieurs centres à Montréal, par rapport à 1575 en date de jeudi dernier. Les délais dans la chaîne de traitement des demandes sont responsables de cet engorgement.

     

    Réactions

     

    Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dit s’inquiéter de voir le Québec « devenir une passoire », décrivant sur sa page Facebook cet afflux comme étant « hors de contrôle ».

     

    « Cette panique ne sert à rien. Le problème n’est pas tellement le volume que le dispositif en place normalement qui ne peut pas répondre à ce volume », explique Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

     

    Pour l’instant, le nombre total connu de demandeurs d’asile, environ 9600, est inférieur à celui traité durant d’autres années de grande affluence : en 2008 par exemple, le Québec avait reçu 13 625 demandes d’asile.

     

    La majorité des demandeurs arrivent au Québec par voie irrégulière, et ce, depuis les derniers mois de l’année 2016. Les demandeurs d’asile empruntent le chemin Roxham plutôt que de se présenter à un poste-frontière, pour éviter de tomber sous le coup de l’Entente sur les tiers pays sûrs.

     

    Cette entente fait en sorte qu’un demandeur d’asile en provenance des États-Unis sera refoulé immédiatement à la frontière. Mais elle ne s’applique pas aux arrivées irrégulières. Le processus d’examen de la recevabilité des demandes par l’ASFC ainsi que les audiences devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) ne peuvent être effectués dans des délais habituels.

     

    Un triage est également en train d’être mis en place, pour diriger le plus rapidement possible les demandeurs vers leur province de destination, avait réitéré mardi la ministre québécoise de l’Immigration, Kathleen Weil. Au moins le tiers de ces personnes se destineraient à l’Ontario, où certaines ont de la famille ou des amis.













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