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    Agressions sexuelles

    Un «shooter» pour appeler à l’aide

    Une initiative met au point un code pour alerter le personnel des bars étudiants

    La liste des codes sera affichée dans les toilettes des femmes.
    Photo: iStock La liste des codes sera affichée dans les toilettes des femmes.

    Dès l’automne prochain, dans les bars à proximité des campus québécois, une femme qui se sent menacée par un homme trop insistant, qui a été agressée ou qui croit avoir été intoxiquée contre son gré pourra obtenir un secours immédiat en commandant « un angelot ».

     

    Différentes variantes existent, en fonction de la menace. Si elle commande « un angelot sans glace », la jeune femme sera emmenée dans un endroit sécuritaire où elle ne sera jamais laissée seule et elle pourra décider par la suite de retourner au bar ou de partir. Si elle commande un « angelot avec glace », le personnel comprend qu’elle ne se sent plus en sécurité et qu’elle désire quitter le bar immédiatement. Enfin, si elle commande « un angelot avec lime », c’est le message codé pour appeler la police.

     

    Pourquoi utiliser un message codé ? « Si une jeune femme se présente au bar et dit qu’elle a besoin d’aide, on va nécessairement lui poser des questions, mais là, en commandant un angelot, le personnel va tout de suite savoir ce qu’il doit faire et on ne lui posera aucune question. Elle n’aura jamais à justifier sa commande », répond Patrice Allard de l’Alliance pour la santé étudiante au Québec (ASEQ), qui chapeaute le projet avec l’aide des partenaires des campagnes Sans oui, c’est non (Université de Montréal) et Ni viande ni objet (Cégep de Sherbrooke).

     

    Mouvement international

     

    L’initiative, annoncée en conférence de presse dans un bar à proximité de l’Université de Montréal, dimanche, s’inscrit dans la mouvance des campagnes « Ask for Angela » au Royaume-Uni et « Angel’s shot » aux États-Unis. Au Québec, on a choisi le terme « Angelot », qui signifie petit ange, car il peut être utilisé à la fois en français et en anglais, explique M. Allard. De plus, le fait que ce ne soit pas un mot utilisé couramment permettra de le distinguer et d’être mémorisé plus facilement.

     

    La liste des codes sera affichée dans les toilettes des femmes. Du matériel de sensibilisation et un « protocole facile à utiliser » seront distribués au personnel. Les bars qui adhèrent volontairement à l’initiative devront également signer une charte d’engagement et former leur personnel, précise Patrice Allard. « Le pire scénario, ce serait que quelqu’un commande un angelot et que la personne au bar la regarde avec de grands yeux sans comprendre. »

     

    Dans un premier temps, les partenaires espèrent obtenir la collaboration d’une cinquantaine de bars sur les campus et à proximité. Par la suite, ils souhaitent élargir la campagne à l’ensemble des bars du Québec. « Je suis convaincu que les bars vont embarquer dans le projet pour une simple et bonne raison : ils ont tous à coeur la sécurité de leur clientèle, explique M. Allard. Il en va de la réputation de l’établissement. Et à terme, ça va devenir une question de compétitivité. »

     

    Ils peuvent compter sur l’appui de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ). « Commande un angelot s’inscrit dans l’orientation que la CPBBTQ aimerait instaurer dans tous les débits de boissons du Québec, confirme le p.-d.g., Renaud Poulin.

     

    La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, qui assistait à la conférence de presse dimanche, a soutenu qu’elle était « de tout coeur et de tout portefeuille » avec cette initiative. Elle rappelle que les associations étudiantes, qui organisent plusieurs événements dans des bars, ont « un rôle crucial à jouer ».

     

    « [Les associations peuvent dire :] si tu n’es pas angelot, on n’y va pas. Je ne sais pas combien il peut se consommer de bières dans une soirée, mais j’ai entendu dire que, dans certaines villes universitaires, ça devenait une évidence qu’il fallait que tu adhères. »

     

    Au bar La Maisonnée, à proximité de l’Université de Montréal, la copropriétaire Stéphanie Juteau croit à cette approche. « Ça arrive à l’occasion, on le voit dans les yeux des filles qu’elles cherchent de l’aide. D’instinct, les serveurs vont intervenir pour les aider. On va parfois les emmener dans la cuisine et les faire sortir par la porte arrière. Mais là, avec cette initiative, ça va officialiser les choses. »













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