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    La bombe à retardement de la surpopulation

    20 mars 2017 | Jean-Pierre Sauvé Montréal, le 17 mars 2017 | Actualités en société

    Depuis un bon moment, je m’étonne que la question de la surpopulation mondiale ait disparu du débat public. Avec raison, les environnementalistes luttent contre les hydrocarbures, les pesticides, les monocultures, les OGM, etc. Mais tous ces efforts seront inévitablement annulés si nous continuons l’ascension démographique des cent dernières années.

     

    Énergie renouvelable, économie verte, développement durable ne peuvent avoir de sens si, chaque seconde, nous peuplons en surnombre la planète. Du 8 août au 31 décembre, la terre vit à crédit. Non seulement la population mondiale a triplé ou quadruplé dans le dernier siècle, mais la consommation de chaque individu en a fait autant sinon plus.

     

    Les « décroissancistes », pour qui la question n’est pas de savoir s’il y aura décroissance mais bien de savoir si elle sera voulue, sont les seuls à s’inquiéter de l’emballement démographique. Le dieu croissance des économies est mesuré à l’aune du PIB, donc une consommation toujours plus grande et des consommateurs toujours plus nombreux.

     

    Alors que population humaine croît à la vitesse grand V, de nombreuses espèces animales sont en déclin sévère à cause de notre activité et de notre occupation toujours plus grande du territoire. Les études récentes indiquent que les populations mondiales d’oiseaux marins ont diminué de près de 70 % depuis 1950. Au Québec, les scientifiques s’inquiètent pour la colonie emblématique des fous de Bassan de l’île Bonaventure en Gaspésie. Et que dire des populations de bélugas ?

     

    Au soir de sa vie, lors d’un dernier entretien, l’anthropologue Claude Lévis-Strauss, à qui l’on posait la question : « Que diriez-vous de l’avenir ? » répondit : « Ne me demandez rien de ce genre. Nous sommes dans un monde auquel je n’appartiens déjà plus. Celui que j’ai connu, celui que j’ai aimé avait 2,5 milliards d’habitants. Le monde actuel [2005] en compte 6 milliards. Ce n’est plus le mien. Et celui de demain peuplé de 9 milliards d’hommes et de femmes — même s’il s’agit d’un pic de population comme on nous l’assure pour nous consoler — m’interdit toute prédiction. »

     

    Avant que notre égoïsme détruise tout, il est impérieux que chercheurs scientifiques et communicateurs remettent le sujet de la surpopulation à l’ordre du jour.













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