Coup d’envoi aux célébrations du 375e de Montréal

Cette journée historique a culminé avec l’illumination du pont Jacques-Cartier, pour laquelle des milliers de Montréalais se sont déplacés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cette journée historique a culminé avec l’illumination du pont Jacques-Cartier, pour laquelle des milliers de Montréalais se sont déplacés.

Le Vieux-Montréal a été mercredi au coeur des célébrations qui ont donné le coup d’envoi aux festivités du 375e anniversaire de la fondation de la métropole.

Cette journée historique a culminé avec l’illumination du pont Jacques-Cartier, pour laquelle des milliers de Montréalais se sont déplacés. Ce legs de 40 millions fera briller cet emblème de Montréal pour les dix prochaines années.

Un peu plus tôt, Montréal Avudo, un spectacle multimédia, a été lancé. Il plonge les spectateurs dans le rêve d’un enfant pour raconter l’histoire de la métropole à travers son fleuve.

En matinée, le maire Denis Coderre a accueilli à l’hôtel de ville les premiers ministres du Québec et du Canada, Philippe Couillard et Justin Trudeau. Les trois politiciens lançaient des « bonne fête » aux passants qu’ils croisaient alors qu’ils se rendaient à pied à la basilique Notre-Dame pour une messe patrimoniale.

Manifestation des policiers

Tandis que le maire Denis Coderre et les pompiers célébraient une entente de principe, l’ambiance était tout autre chez les policiers, qui ont profité des festivités du 375e anniversaire de Montréal pour manifester dans les rues de la métropole.

Ils étaient des centaines à s’être donné rendez-vous pour perturber les événements de la Ville de Montréal, qui donnait mercredi le coup d’envoi des festivités.

Les policiers déplorent être « méprisés » par la Ville de Montréal parce qu’ils sont notamment sans contrat de travail depuis décembre 2014.

Le rassemblement a débuté devant les bureaux de la Fraternité sur le Plateau. Les manifestants ont ensuite marché jusqu’au Vieux-Montréal. Le maire Denis Coderre y tenait une réception à l’occasion du 375e anniversaire de Montréal, et plusieurs activités y sont prévues pour souligner les festivités.

Dès le début de la manifestation, les policiers en service ont empêché les citoyens de se joindre au mouvement de contestation. Tôt mercredi, les policiers syndiqués ont donné le ton à la journée avec un coup d’éclat. La Fraternité a fait installer quatre immenses panneaux publicitaires où elle se moque du maire Coderre, dont une aux abords du pont Jacques-Cartier.

L’affiche montre le maire Coderre souriant, coiffé d’un chapeau de fête. « Un maire qui méprise ses policiers et ses policières depuis trois ans, ça se fête », peut-on lire sur les affiches.

En début d’après-midi, le Service de police de Montréal (SPVM) a fait le point pour rassurer la population sur les perturbations prévues. Le SPVM a assuré avoir sensibilisé ses policiers en devoir de ne tolérer aucun débordement de leurs confrères protestataires.

« Nous traitons cette manifestation comme n’importe quel autre rassemblement », a assuré Alain Gagnon, inspecteur-chef à la division de la planification opérationnelle du SPVM.

Pour distinguer les policiers qui manifestent de ceux qui sont en service, le SPVM a prévu que ses troupes portent un dossard jaune, tandis que les manifestants en auront un rouge.

Du côté des pompiers, les festivités étaient tout autres, puisqu’ils ont réussi à s’entendre avec la Ville après un marathon de négociations amorcé depuis quelques semaines.

La mésentente portait sur le régime de retraite des 2400 pompiers, ainsi que sur plusieurs différends des dernières années en matière de relations de travail.

L’entente de principe en question permettra la restructuration du régime de retraite des pompiers en conformité avec les dispositions de la loi 15 sur les régimes de retraite des employés municipaux, est-il indiqué dans le communiqué.

Elle prévoit aussi la fin de tous les moyens de pression reliés à l’adoption de cette mesure législative ainsi que le règlement des litiges concernant les moyens de pression et la manifestation à l’hôtel de ville du 18 août 2014. L’entente de principe sera présentée aux 2400 pompiers en assemblée générale dans les prochains jours, et un vote suivra.

La loi 15 a été adoptée le 5 décembre 2014. Elle impose notamment le partage moitié-moitié du coût des régimes de retraite municipaux. Elle a été contestée en cour par plusieurs syndicats.

L’association avertit qu’elle ne formulera aucun commentaire sur cette entente.

3 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 18 mai 2017 03 h 40

    Coup...

    Coup d'envoie ?
    Oui, c'en est vraiment tout un !
    Oui puisque le coup en question est dirigé non vers le postérieur des Montréalais seuls, mais vers celui du peuple québécois tout entier.
    La seule raison d'être de l'organisation du prétexte à fêter en question, prétexte puisque dans un contexte normal personne ne fête un 375è, est de nous précipiter définitivement dans l'apparence de notre folklorisation heureuse.
    Piège présentant le préjugé canadien de notre capacité infinie à nous réjouir de tout (même du malheur d'être désappropriés de notre pays par les armes...), par diffusion de la perception coloniale de la si "typical french canadian joie de vivre" largement diffusée partout, et perche tendue aux Québécois pour qu'ils participent activement à prouver eux-mêmes à tous qu'avant tout, ils sont bel et bien collectivement reconnaissaibles comme étant fièrement les plus grands fêtards du monde.
    Donc, que leur particularisme canadien véritable et très respecté, est bien celui-là partout à reconnaître de se donner à fond en musique, en chansons, en danses, en couleurs, en rires (Juste pour rire comme Just for fun), en plaisirs intenses et fugaces, en spectacles...
    En somme, que leur expertise se reconnaît dans l'expression artistique immédiate. Passager et certainement pas durable. A preuve, leur insensibilité à la démolition de bâtiments anciens qui au fond, ne témoignent que de l'archaïsme même de leur histoire...
    Pour le Canada, l'expertise d'humanité véritable des Québécois réside dans la futilité alors que celles des Canadiens, elle et par bonheur, se définit par sa capacité à gérer ces choses durables qui comptent vraiment. Ce qui donne à tous "très démocratiquement" l'occasion de se valoriser d'être un peu Québécois, à condition d'être très Canadien...
    Canada, pays bien entendu seul capable de canaliser l'énergie débridée de joyeux fêtards qui débordant tant de recherche de plaisirs, laissent le soin aux seuls gens sérieux de s'occuper du reste.
    VLQL

  • Jean Lapointe - Abonné 18 mai 2017 06 h 53

    Pourquoi fêter en grand le 375e anniversaire

    Pourquoi ont-ils (Coderre ?) décidé de fêter en grand le 375e anniversaire de la fondation de Montréal ? Pourquoi n'ont-ils pas attendu le 400e? Auraient-ils donc l'intention de recommencer dans 25 ans?

    De fait il y a sûrement de la politique là-dedans. Ne savent-ils pas que le Parti québécois veut à tout prix remporter les élections en 2018 pour empêcher le gouvernement libéral de faire encore plus de dommages? Ne savent-ils pas que ce même parti visera concrètement l'indépendance du Québec à partir de 2022?

    Il fallait donc empêcher que tout cela se réalise et l'idée de célébrer en grand le 375e anniversaire leur est donc apparue comme une façon de se revaloriser au yeux de la population et de contrer les plans du Parti québécois.

    Je n'en ai pas la preuve de cela mais quand on sait ce que les libéraux ont fait jusqu'à maintenant pour empêcher que le Québec devienne souverains (les mensonges du Père Trudeau, le scandale des commandites etc, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que tout cela ait été planifié.

    Allons-nous nous les laisser faire encore longtemps ? N'avons-nous pas un peu plus de fierté? Ne devrions-nous pas avoir un peu plus d'ambition?

    Nous ne sommes quand même pas gâtés avec Trudeau à Ottawa, Couillard à Québec et Coderre à Montréal? Aucun d'enre eux n'est un fier Québécois soucieux de l'avenir de notre peuple comme peuple. C'est quand même incroyable. Non?

    N'y a-t-il pas de quoi être inquiets?

    En tout cas moi je n'ai pas le coeur à la fête.

  • Michel Thériault - Abonné 18 mai 2017 07 h 28

    Itinéraire

    "Le rassemblement a débuté devant les bureaux de la Fraternité sur le Plateau. Les manifestants ont ensuite marché jusqu’au Vieux-Montréal."

    Les policiers ont-ils remis l'itinéraire de leur manifestation aux autorités compétentes ?